Une seconde vague d’arrestations a été conduite hier par la gendarmerie dans le cadre de l’opération Métaux 41. Dans la lancée de l’opération du 20 octobre dernier où vingt et une personnes avaient été interpellées au saut du lit, près d’une centaine de militaires ont été mobilisés tôt hier matin dans plusieurs communes de la vallée du Cher (Saint-Julien-sur-Cher, Chissay-en-Touraine, Noyers, Gièvres, Méhers) mais aussi à Vineuil, Seur…
Ce coup de filet qui s’est déroulé sans incident, visait quinze personnes, hommes et femmes, qui ont ensuite été placées en garde à vue à Blois, Romorantin, Salbris, Saint-Aignan… À l’issue de leurs auditions au cours desquelles les mis en cause ont reconnu les infractions reprochées, des convocations leur ont été remises pour une audience correctionnelle spécialement programmée le 28 février comme l’a précisé la procureure de la République de Blois, Dominique Puechmaille. Insistant sur l’importance de réprimer le travail clandestin et la fraude sociale qui pénalisent toute la collectivité, la responsable du parquet est venue dans l’après-midi découvrir le PC enquête installé au groupement départemental de gendarmerie pour centraliser toutes les procédures établies par les enquêteurs au cours des gardes à vue.
80.000 transactions au crible
Le colonel Jean-François Valynseele a rappelé la genèse de cette opération qui était destinée à lutter contre le trafic de métaux. « Le département n’a pas échappé au phénomène des vols de métaux ces dernières années. L’an dernier, il a été demandé aux unités de gendarmerie de contrôler les livres de police des récupérateurs de métaux du département. Ces contrôles ont permis de recenser près de 80.000 transactions. Leur analyse par la cellule d’appui judiciaire a permis d’identifier une trentaine de personnes exerçant un travail dissimulé tout en ayant accès aux prestations sociales. » Au total, sur les deux opérations, ce sont trente-six personnes qui seront poursuivies au terme d’une enquête qui a porté notamment sur l’examen de leurs comptes bancaires. Elles encourent des peines de cinq ans d’emprisonnement et de 375.000 € d’amende pour les fraudes aux prestations sociales et de trois ans de prison et 45.000 € d’amende pour le travail dissimulé.
Gros préjudice financier
Les investigations remontant jusqu’à 2009 font état de 2.983 tonnes de métaux revendues sans aucune déclaration pour un montant de 554.000 €. La fraude aux prestations sociales s’élève à 600.000 €. Ce qui représente un détournement total de1.154.000 €. Hier, les gendarmes ont entendu un mis en cause qui a reconnu disposer sur son compte d’un total de 27.000 € provenant de ventes non déclarées de métaux. Lors du précédent coup de filet, les gendarmes avaient saisi quatre véhicules et du matériel hi-fi.
La Nouvelle République
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