Le violeur en série suscite d’incroyables rumeurs
Les fausses informations galopent sur le Net ou par SMS après l’appel à témoins diffusé récemment par la police pour retrouver un violeur en série qui a sévi à Paris et dans l’Essonne.
L’appel à témoins diffusé le 13 janvier par la police judiciaire parisienne pour retrouver un homme soupçonné de trois viols, à Paris et Etampes (Essonne), donne lieu depuis lors aux plus folles rumeurs et à une réelle peur, amplement relayées sur Facebook, Twitter et par SMS, obligeant la police à un travail de fourmi. « C’est un cauchemar, dès qu’un homme noir s’approche d’un collège ou d’un lycée, on est susceptible d’être appelés », résume un policier de Seine-Saint-Denis, où un SMS a signalé la présence d’un violeur de collégienne quelque part entre Pierrefitte et Saint-Denis.
Ces quelques lignes ont tellement circulé que les commissariats et les équipes mobiles de sécurité ont été sollicités dans nombre de collèges et lycées du département. « On ne prend pas ça à la légère, note un fonctionnaire. Mais rien de ce qu’on a eu à entendre n’a été confirmé. Et pourtant, dans certains cas, on a pris attache auprès des services jeunesse, mairie, des grands de la cité qui auraient soi-disant coursé le violeur… Au final, celui qui disait avoir vu revenait sur ses propos. On court après un fantôme et les profs n’en peuvent plus. » Dans certaines cités, le portrait-robot a même été affiché. Mehdi, parent d’élève à La Courneuve, évoque une « vraie psychose ». « Cette histoire met la panique dans toute la ville, assure-t-il. Depuis une semaine, tout le monde ne parle plus que de cela. Mon fils et ma nièce s’appellent le matin pour faire le trajet en groupe vers le lycée. C’est aussi le cas de nombreux collégiens. » Les rumeurs les plus fantaisistes s’ébruitent jusque dans la capitale où, vendredi soir, cette gardienne d’immeuble du XVe arrondissement croyait savoir que le violeur parisien était aux abords d’un collège de Saint-Denis… Elles courent encore du côté du Val-d’Oise où une habitante a appelé hier notre rédaction pour savoir si l’homme était ou pas à Stains, comme elle venait de le lire sur Facebook. Sur Twitter, on a vu l’homme à Epinay, Créteil, Issy-les-Moulineaux.
De fausses informations qui épuisent les policiers
Ces informations interfèrent aussi parfois avec d’autres faits. A Créteil, par exemple, la police enquête sur l’enlèvement dénoncé par une fillette de 11 ans. Les SMS ont pris le relais et même mêlé un exhibitionniste à l’affaire. A l’inspection académique de Seine-Saint-Denis, Daniel Auverlot pense qu’un démenti à ces fausses rumeurs ne ferait que les renforcer. Il s’en remet au professionnalisme des équipes enseignantes et des forces de l’ordre. Des policiers qui se doivent pourtant de vérifier les informations qui leur parviennent, tant que le suspect n’aura pas été arrêté. « On contacte les témoins, on montre les photos », dit un policier épuisé par la semaine passée. D’autres craignent que la rumeur atteigne des proportions telles que certains décident de faire justice eux-mêmes, comme à Montreuil, en mars 2009, où un homme a été lynché après avoir été confondu, à tort, avec celui qu’on appelait alors « le violeur des stades ».
Le Parisien
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