Délinquance : des chiffres pas toujours faciles à élucider

Ah! Les taux et les nombres… Un vieux débat qui nous revient à l’esprit en jetant un coup d’oeil aux tableaux de bord annuels que l’Observatoire national de la délinquance et de la réponse pénale (ONDRP) vient de mettre à jour avec les derniers chiffres de 2011.

Et notamment celui sur le rapport faits élucidés/faits constatés. Si l’on prend le taux d’élucidation des atteintes aux biens (vols, cambriolages, etc.), on constate une constante augmentation depuis 2006: de 13,5% à 15,1%. En clair, si vous vous faisiez voler en 2006, vous aviez 13,5% de chances que la police et la gendarmerie retrouve le ou les coupables (les suspects, d’ailleurs, pour être plus précis). En 2011, vous aviez 15,1% de chances qu’on les retrouve. De bonnes statistiques, souvent mises en avant par le ministre de l’intérieur, Claude Guéant (qui les oppose toujours aux mauvais chiffres de la période 1997-2002).

Mais si l’on regarde l’évolution du seul nombre de faits élucidés, le bilan est différent: on élucidait 18591 atteintes aux biens de moins en 2011 par rapport à 2006 (une baisse de -5,4%). Car la hausse flatteuse du taux d’élucidation est due, en partie, à la baisse du nombre de faits enregistrés, qui fait mécaniquement augmenter le rapport faits constatés/faits élucidés. Si vous avez 100 faits durant l’année 1 et que 10 sont élucidés, cela fait un taux d’élucidation de 10%. Si, sur l’année 2, vous avez toujours 10 faits élucidés, mais plus que 90 faits constatés au total, cela fait un taux d’élucidation de 11,1%. L’efficacité des services de police et de gendarmerie s’est-elle améliorée pour autant?

Parmi les indicateurs où le nombre de faits élucidés baisse plus vite que le nombre de faits constatés: les vols sans violence (merci aux smartphones, probablement…). A l’inverse, 5164 cambriolages de plus ont été élucidés, alors que le nombre de cambriolages constatés au total est resté à peu près stable (sur la totalité de la période 2006-2011, mais ils augmentent fortement depuis 2010).

"SHITEUX" ET SANS-PAPIERS

Dernière statistique défendue par le ministre à ce sujet, le taux d’élucidation de la délinquance globale (un concept vigoureusement contesté par l’ONDRP lui-même). Il est passé de 26% en 2002 à 38,62% en 2011, a assuré le ministre lors de la présentation des chiffres, le 17 janvier, place Beauvau.

Si l’on regarde le tableau de bord de l’ONDRP, c’est un peu plus complexe: il y a eu 40598 faits élucidés en plus en 2011 qu’en 2006, par exemple. Mais cela correspond (presque) à l’augmentation des faits élucidés d’usages de stupéfiants et d’infractions à la législation sur les étrangers: 42083.

Des faits forcément élucidés: il s’agit des "IRAS", ces infractions révélées par l’action des services qui sont en fait des flagrants délits. L’augmentation du nombre d’élucidations est donc due aux interpellations de "shiteux", comme les appellent les policiers, et de sans-papiers. Sans elles, le nombre de faits élucidés en France aurait même baissé depuis 2006.

Blog Le Monde
http://delinquance.blog.lemonde.fr/2012/02/07/des-chiffres-pas-toujours-faciles-a-elucider/#xtor=RSS-3208

L’infirmière aurait volé près d1 million d’euros à la Sécurité Sociale

Elle n’a été condamnée à verser « que » 393500 € à la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM). « Mais le préjudice réel est sans doute beaucoup plus important, de l’ordre du million d’euros », a insisté, hier, le président du tribunal correctionnel de Melun. Reconnue coupable d’escroquerie à la Sécurité sociale, Sylvie M. , une infirmière libérale de 45 ans, a aussi écopé d’une peine de trois ans d’emprisonnement dont douze mois ferme. (…)

Issue d’une famille congolaise aisée, elle est arrivée en France en 1982, où elle a passé son bac avant de devenir infirmière, comme sa mère. (…)

Sylvie M. avait par ailleurs la folie des vêtements de luxe. Elle en achetait jusqu’à 6000 € par mois! Une passion qui avait fini par se transformer en commerce puisqu’elle en envoyait une partie à son frère, en Afrique, afin qu’il les revende.

Source : Le Parisien
http://www.leparisien.fr/bussy-saint-georges-77600/l-escroc-en-blouse-blanche-a-vole-390000-eur-a-la-secu-07-02-2012-1849459.php

La hausse des suicides liés à la crise, une réalité ignorée

En trois ans, de la fin 2008 à la fin 2011, la crise économique a accru le nombre de chômeurs de 648 500. Elle a eu un autre impact, plus dramatique mais largement passé sous silence. Un surcroît, durant cette même période, d’environ 750 suicides et 10 780 tentatives de suicide.

Ces chiffres ne sont pas officiels. Ils n’ont pourtant rien de fantaisistes. Ce sont des estimations établies par le meilleur spécialiste en France du suicide, le psychiatre et professeur de médecine légale Michel Debout. Cet ex-membre du Conseil économique et social, qui travaille sur le sujet depuis quarante ans, a créé et présidé quatorze années durant l’Union nationale pour la prévention du suicide (UNPS), organisatrice de la Journée nationale de prévention du suicide – qui se tient cette année le 7 février.

Partant d’une étude de l’Institut national de veille sanitaire rendue publique en décembre 2011, qui chiffre le surtaux de tentative de suicide dans l’année chez les chômeurs (par rapport aux actifs en emploi), le professeur Debout a appliqué ce surtaux, variable selon les sexes, aux chômeurs et chômeuses supplémentaires depuis 2008. Puis a utilisé un facteur de corrélation entre tentatives de suicide et morts par suicide, en tenant compte du sexe et de l’âge. Et obtenu ce chiffre de 750 morts, "prix humain de la crise". "Un chiffre très minoré, complète-t-il, car je ne tiens compte que du facteur chômage. Or la crise a d’autres effets, précarité, surendettement, divorces, qui augmentent aussi le risque de passage à l’acte…"

REDÉMARRAGE À LA HAUSSE

Si le professeur Debout a concocté ses propres statistiques, c’est qu’il est "très en colère " face à l’inaction des pouvoirs publics. Les chiffres les plus récents de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) sur le suicide datent de 2009, et ont été collectés en 2008. Ils dénombraient 10 500 suicides. Chiffre élevé, qui classe la France parmi les nations les plus touchées en Europe et place le suicide parmi les problèmes majeurs de santé publique. Surtout, ces statistiques révélaient une inquiétante inversion de tendance. Alors que le nombre de décès par suicide baissait depuis 1987 (après le pic de 12 525 morts en 1986), les années 2008 et 2009 ont marqué un redémarrage à la hausse : 10 127 en 2007, 10 353 en 2008, 10 499 en 2009. Les 35-65 ans, les actifs donc, sont les plus concernés. Prémices de la crise, premiers impacts d’une dégradation économique et d’une déstabilisation sociétale, analysent tous les spécialistes.

Et ensuite ? Les chiffres 2010 ? 2011 ? Rien. Nulle vaste enquête épidémiologique, encore moins de statistiques en temps réel. Entre la collecte des chiffres et leur publication, il y a en France un décalage de deux années – notamment dû, selon l’Inserm, à l’attente de décisions de justice sur d’éventuelles investigations avant la transmission des certificats de décès. Les statistiques 2010 ne seront disponibles qu’à l’automne. "Il faut améliorer cette situation ! De quoi a-t-on peur en publiant les chiffres du suicide ? ", interpelle la présidente de l’UNPS, Thérèse Hannier. Qui remarque qu’en France, contrairement à ce qui se passe en Angleterre ou au Canada, le certificat de décès renseigne uniquement sur le sexe, l’âge, le domicile et le mode suicidaire, sans autres informations de contexte. La vice-présidente de l’UNPS et ex-directrice de recherche à l’Inserm Françoise Facy s’étonne que dans ce contexte de crise aiguë, on n’étoffe pas au plus vite le recueil de données avec un système d’indicateurs limités mais plus rapides, en désignant par exemple des "sentinelles" dans les grandes entreprises et à Pôle emploi…

Un flou plus grand encore entoure les tentatives de suicide. Là, on ne dispose que d’estimations liées aux hospitalisations. Or un passage aux urgences n’est pas considéré comme une hospitalisation. Thérèse Hannier pressent pourtant "une très nette augmentation" : "Les chiffres de l’Institut national d’études démographiques et de la Direction de la recherche du ministère de la santé, basés sur des relevés de 2006, estiment ces tentatives à environ 220 000, alors que les études antérieures à 2000 tablaient plutôt sur 150 000…"

Pour le professeur Debout, il est temps de se mobiliser autour des "dégâts humains" de la crise. "On frôle la non-assistance à personne en danger !" Le 11 février, il organise au Sénat un colloque avec le directeur du cabinet Technologia, Jean-Claude Delgènes, spécialiste de la prévention des risques psycho-sociaux en entreprise. Dès 2009, alors à la tête de l’UNPS, M. Debout avait alerté : la crise allait avoir des effets dramatiques, comment se mobiliser autour de ceux en détresse ? Pas de réponse précise du gouvernement, estime-t-il.

La corrélation entre chômage et suicide est pourtant indéniable, selon lui. L’histoire l’a démontrée, notamment en 1929, avec une hausse très significative des suicides deux-trois ans après le démarrage de la crise. "On peut craindre le pire pour 2012 et 2013, particulièrement chez les 40-55 ans. Pourquoi ne met-on pas en place un soutien médical et psychologique aux chômeurs ? La société montrerait à ces gens qu’ils comptent encore ! Un chômeur se suicide parce qu’il est déjà socialement mort, qu’il n’a plus de place, c’est une mise en adéquation avec son vécu. Mais personne ne se soucie du devenir de ces chômeurs." Pourquoi ? " C’est comme si l’on n’avait pas envie de voir la réalité en face. Trop gênante, parce qu’on se sent tous un peu responsables."

A l’initiative du directeur de Technologia, un appel de 44 spécialistes – auxquels se sont depuis joints syndicats et loges maçonniques – pour la création d’un observatoire des suicides a été lancé au printemps 2011. Une structure indépendante, dotée de moyens propres, qui favoriserait "la connaissance, la transversalité des approches et l’élaboration de statistiques dignes d’une grande nation". Et permettrait de progresser dans la prévention. "La France est en retard, du fait d’une cécité sur la réalité du phénomène, déplore M. Delgènes. Mais la prévention, cela marche ! C’est donc un crève-coeur de voir qu’on n’agit pas auprès des chômeurs !"

Le Programme national d’action contre le suicide annoncé en septembre 2011, attendu depuis cinq ans, est "déconnecté de la crise", analysent MM. Delgènes et Debout. Ni observatoire ni suivi des chômeurs ne sont prévus. Selon le ministère de la santé, "s’il est incontestable que les données sur le suicide peuvent être améliorées, il n’est pas pour autant nécessaire de se doter d’un observatoire". Dans le Programme national d’action, des mesures seront mises en oeuvre pour "consolider et amplifier les données sur les suicides et les tentatives". "Un plan de 15 millions d’euros… C’est nettement insuffisant ! Les Français sont dans un état dépressif. Mais le suicide reste un secret bien gardé", soupire Mme Hannier. Secret trop bien gardé pour se muer en priorité sanitaire nationale. Les morts sur la route ont diminué des deux tiers depuis les années 1980 – de 12 000 par an à moins de 4 000 aujourd’hui. Les morts par suicide passaient, eux, de 12 000 à 10 500.

Le Monde
http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/02/07/la-hausse-des-suicides-lies-a-la-crise-une-realite-ignoree_1639939_3224.html

EXCLUSIF : les chiffres du piratage peer to peer en 2011

Selon une étude que Le Point a pu consulter, les échanges P2P ont effectivement reculé au cours de l’année 2011. L’évolution du top 10 des films le plus frauduleusement échangés évolue à la baisse tout au long de l’année en partant d’un peu moins de six millions d’échanges en janvier 2011 pour finir à moins de deux millions en décembre 2011. Le décrochage commence véritablement en mars, au moment où la Hadopi envoie ses premières lettres recommandées aux internautes pris dans ses filets.

Naturellement, la réduction des échanges P2P ne signifie pas que la piraterie reflue dans les mêmes proportions. Une partie des internautes – non quantifiable – se sont rabattus sur d’autres moyens indétectables comme le streaming ou le téléchargement direct (comme sur feu MegaUploap ou RapidShare). Du reste, l’Association pour la lutte contre la piraterie audiovisuelle (Alpa) observe, parallèlement, une "augmentation notable" des "trackers privés" du réseau BitTorrent. Là, l’échange est réservé à un petit cercle d’internautes. Par définition, ces petits programmes échappent à la vigilance de la Hadopi…

Les DVD fournissent les deux tiers des films piratés

Même s’ils diminuent, les volumes du P2P demeurent conséquents. Trident Media Guard (TMG), société qui assure la surveillance des réseaux d’échanges peer to peer, a détecté 112 513 900 "incidents" entre le 1er janvier et le 31 décembre 2011. Par "incident", on entend la mise à disposition d’un fichier validé comme étant une contrefaçon. Les incidents détectés sont ensuite vérifiés par un agent assermenté, puis l’adresse IP de l’internaute est collectée. Selon cette étude, ces échanges illicites correspondent à 25 000 adresses IP différentes. Elles ont toutes fait l’objet d’un procès-verbal.

Sur l’ensemble des incidents détectés, 13,2 millions ont subi une vérification, ce qui a donné lieu à 8 743 700 procès-verbaux transmis à la Hadopi. Chaque jour, une adresse IP est extraite du lot détecté pour transmission directe au procureur de la République. Il s’agit de l’adresse de l’internaute qui a mis le plus d’oeuvres en partage… Parmi les oeuvres échangées, TMG a détecté que 67 % proviennent d’un DVD piraté, et 28 % d’un film en salle.

Reste à observer ce qui se produit sur la Toile depuis la fermeture du site de téléchargement direct MegaUpload. Verra-t-on les internautes revenir en plus grand nombre sur les réseaux peer to peer ?

Le Point
http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/emmanuel-berretta/exclusif-les-chiffres-du-piratage-peer-to-peer-en-2011-07-02-2012-1428439_52.php

Fadettes: l’adjointe du procureur Courroye mise en examen

Elle a été mise en examen pour "collecte illicite de données à caractère personnel par un moyen frauduleux, déloyal et illicite" et "violation du secret des correspondances"

Reuters

Marie-Christine Daubigney, l’adjointe du procureur de Nanterre, Philippe Courroye, a été mise en examen lundi dans l’affaire des fadettes des journalistes du Monde.

Nouvelle mise en examen dans l’affaire des fadettes. L’adjointe du procureur de Nanterre, Philippe Courroye, Marie-Christine Daubigney, a été mise en examen à son tour lundi dans l’enquête dite "des fadettes" des journalistes du Monde, a-t-on appris mardi de source proche du dossier, confirmant une information d’Europe1.fr.

Elle a été mise en examen pour "collecte illicite de données à caractère personnel par un moyen frauduleux, déloyal et illicite" et "violation du secret des correspondances", comme l’avait été le procureur Courroye le 17 janvier.
L’avocat de Marie-Christine Daubigney, Me Olivier Baratelli, a annoncé qu’il avait déposé une requête en nullité devant la chambre de l’instruction.

"La procédure est nulle car le Monde a déposé plainte avant que la cour de cassation n’annule la réquisition des fadettes" des journalistes, a dit Me Baratelli.

Mis en examen dès le 17 janvier, le procureur Courroye et son adjointe sont soupçonnés d’avoir tenté de découvrir illégalement en 2010 les sources des journalistes du quotidien travaillant sur l’affaire Bettencourt, notamment en réquisitionnant leurs factures téléphoniques détaillées ("fadettes").

Le procureur Courroye conteste également la validitété de l’enquête conduite par les juges Sylvia Zimmermann et Alain Nguyen The.

Avec AFP
L’EXPRESS
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/fadettes-l-adjointe-du-procureur-courroye-mise-en-examen_1079995.html

Coup de filet sur le grand bandistisme à Marseille

C’est un véritable coup de filet! Une trentaine de personnes ont été interpellées mardi matin à Marseille (Bouches-du-Rhône), dans la région aixoise et sur la Côte d’Azur et placées en garde à vue. L’opération de police a été menée contre la criminalité organisée, notamment le banditisme corse, a-t-on appris de sources concordantes.
Un ancien footballeur professionnel de la région serait également dans les filets de la police.

Selon une source proche de l’enquête, une centaine de policiers de la direction centrale de la police judiciaire, assistés de la PJ de Marseille, ont procédé à cette opération effectuée dans le plus grand secret, sur commission rogatoire du juge Christophe Perruaux.

Des perquisitions en cours

Une équipe soupçonnée d’avoir racketté depuis plusieurs mois des établissements d’Aix-en-Provence, près de Marseille, a été démantelée, a précisé la même source. Les perquisitions, encore en cours mardi à la mi-journée, ont notamment permis de récupérer des armes et de la documentation. Une information judiciaire a été ouverte à la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs), basée à Marseille et axée sur la criminalité organisée.

Le procureur adjoint de la République de Marseille Christophe Raffin a confirmé l’arrestation d’une trentaine de personnes, en particulier «dans plusieurs cités», sans plus de détails.

LeParisien.fr
http://www.leparisien.fr/marseille-13000/coup-de-filet-sur-le-grand-bandistisme-a-marseille-07-02-2012-1850293.php

Un enseignant blessé d’un coup de couteau à Alfortville (94)

Un enseignant de 37 ans a été blessé hier matin par un coup de couteau alors qu’il tentait de mettre fin à une altercation entre deux élèves dans un lycée polyvalent d’Alfortville (Val-de-Marne), a-t-on appris de sources concordantes. Blessé au flanc droit par une entaille de 4 cm, l’enseignant a été conduit à l’hôpital Henri-Mondor. « Son pronostic vital n’est pas engagé », a précisé une source policière. [...]

Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/02/07/97001-20120207FILWWW00411-un-enseignant-blesse-en-val-de-marne.php

Agen : le cadavre d’un nouveau-né découvert dans des toilettes

Le cadavre d’un nouveau-né a été découvert hier matin dans la cuvette des toilettes d’un appartement à Agen après que la mère, qui venait d’accoucher seule à son domicile, eut elle-même alerté les secours.

La jeune femme, âgée de 23 ans, a appelé lundi vers 11H00 le Samu pour signaler qu’elle venait d’accoucher seule à son domicile, dans une résidence au nord-est d’Agen. Sur place, les secouristes ont découvert le corps sans vie du nourrisson dans la cuvette des toilettes.

La jeune femme, qui a été hospitalisée, aurait indiqué aux policiers ne pas s’être rendue compte de sa grossesse.

Selon les premières constatations du médecin légiste, le bébé pesait 2,8 kg et l’accouchement serait intervenu au huitième mois de grossesse.

Selon une source proche du dossier, "une autopsie (…) doit être pratiquée ce mardi après-midi à l’institut médico-légal de Bordeaux. On en saura alors plus sur les raisons du décès".

La mère, toujours hospitalisée, pourrait toutefois être entendue par les enquêteurs ce mardi, selon cette même source.

"Cette affaire ressemble à un déni de grossesse mais on doit rester prudent, l’enquête", confiée à la brigade de sûreté urbaine d’Agen, "ne fait que commencer", a-t-on ajouté.

Charente libre
http://www.charentelibre.fr/2012/02/07/agen-le-cadavre-d-un-nouveau-ne-decouvert-dans-des-toilettes,1078630.php?utm_medium=twitter&utm_source=twitterfeed

Castelnaudary. Les policiers bloqués faute de pneus neige

Les policiers sont exaspérés. Ce matin, il ne manquait personne au commissariat. Les fonctionnaires, dont certains demeurent jusqu’à plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde, étaient bien présents sur leur lieu de travail. « Tout ça pour être bloqués, là, faute de pneus neige », pestent-ils. Hier, enfin, ils ont reçu deux paires de chaînes qui ne leur servent désormais plus à rien. De pneus neige qui leur seraient, eux, en revanche, bien utiles et même indispensables, point… « Quand les véhicules ont été changés, ils sont partis avec. Ils n’étaient plus à la bonne dimension. Du coup, on avait fait faire un devis pour un équipement de premier prix. Il y en avait pour 148 €, posés. On nous l’a refusé faute de budget. La sécurité en ville tiendrait donc à moins de 150 €? ».

Un problème départemental

«Ce n’est hélas pas un problème purement chaurien mais départemental. La rigueur budgétaire fait que nous n’avons pas les moyens de nous en payer», pointe Serge Lafitte, secrétaire départemental Unité SGT Police Force ouvrière.Un poids lourd s’est mis en portefeuille, au petit matin, près d’Intermarché, les policiers ont été dans l’impossibilité de s’y rendre. « Il faut qu’on mette un panneau « intempéries » sur la porte ? Qu’on fasse comme les maçons ? », grogne Christian Dall’Occhio le délégué d’Unité police, syndicat majoritaire. Dimanche, une patrouille, bien que circulant à faible allure, a manqué de justesse de renverser un piéton. Leur véhicule de service, sans équipements spéciaux, a glissé sur cinq mètres. Pas question donc de sortir, on peut le comprendre. C’est une question de sécurité d’autant que certains axes étaient, hier, encore difficilement praticables.

« On fera les patrouilles à pied. Et si on fait une interpellation, on portera les gens sur le dos », ironise un autre policier excédé.

Ce qui a, du coup, bien du mal à passer, c’est la charte de bonne conduite que les fonctionnaires de police ont refusé de signer, il y a quelques mois et pour cause… Être des conducteurs exemplaires ? Oui, bien sûr. Donner une bonne image pour réprimer plus légitimement les comportements à risque ? Oui, évidemment. Vérifier l’état du véhicule ? Pas de problème. Le dernier point est, lui, sujet à litige puisque le fonctionnaire y est informé qu’en cas d’accident responsable, il encourt une sanction disciplinaire et peut même être amené à payer de sa poche. Et on s’étonnera qu’après ça, ça coince ?

La Dépêche
http://www.ladepeche.fr/article/2012/02/07/1279145-les-policiers-bloques-faute-de-pneus-neige.html

La police de proximité, ça marche, dit Hollande

François Hollande était lundi à Dijon (Côte d’Or) pour y évoquer les dossiers de la sécurité et de la justice. Il revendique l’héritage de Jospin et, contre la délinquance, affiche sa fermeté.

« On est venu prendre le chaud », s’amuse François Hollande en gare de Dijon. La température glaciale (-9°C affichés au thermomètre) n’y change rien. À peine sorti du TGV qui l’amène de Paris, le candidat apparaît souriant, détendu. Son service de sécurité, renforcé depuis l’enfarinage de mercredi dernier, l’est un peu moins. Le socialiste s’en moque, salue quelques badauds, dédicace un livre, serre des mains.

"Sur quoi voulez-vous que je réagisse ?"

Le sérieux revient dès que Hollande arrive dans un service territorial éducatif de milieu ouvert et d’insertion puis, un peu après, lors d’une table ronde sur la protection judiciaire de la jeunesse. Il élude une question d’une journaliste sur la polémique déclenchée samedi par Claude Guéant et ses mots sur les « civilisations » qui « ne se valent pas » toutes. « Sur quoi voulez-vous que je réagisse ? », demande-t-il ironiquement. « Moi, dans cette campagne, je veux apporter des réponses. D’autres apportent des problèmes ». Qu’on se le dise : le candidat n’est pas en Bourgogne pour polémiquer mais pour parler sécurité et justice. Entouré notamment de François Rebsamen, maire de Dijon mais également le « M. Sécurité » du candidat, et André Vallini, « M. Justice », il écoute longuement les acteurs du terrain, affirmant sa volonté de « travailler tous ensemble » – État, collectivités locales et associations – pour combattre la délinquance.

"Nous devons mettre plus de policiers sur le terrain"

Avant d’étayer ses propositions, Hollande dresse un bilan peu élogieux de l’action gouvernementale en matière de sécurité : une augmentation de 20 % des violences aux personnes en dix ans, 130.000 peines non appliquées, 10.000 suppressions de postes dans la police et la gendarmerie depuis 2007… « Nous devons mettre plus de policiers sur le terrain », assure-t-il. Ses « réponses », le socialiste les avait déjà détaillé lors de la présentation de son projet présidentiel. Le candidat PS veut, notamment, créer des zones de sécurité prioritaires, allouer 1.000 postes supplémentaires, par an, à la police, la gendarmerie, la justice – sans jamais préciser quelques administrations pâtiront de ce redéploiement –, instaurer une nouvelle police de proximité ou encore doubler le nombre de centres éducatifs fermés, actuellement au nombre de 40 en France. Voici donc François Hollande plaçant ses pas dans ceux de Lionel Jospin en matière de sécurité, la plupart des mesures annoncées par le candidat à la présidentielle ayant déjà été expérimentées entre 1997 et 2002. « Il n’y a pas besoin de réinventer ce qui a pu marcher, se défend-il. (…) La police de proximité, ça marche. »

"Plus on aide les familles…"

Les mesures connues, Hollande réaffirme donc essentiellement les grandes lignes de sa politique sécuritaire, axée en grande partie sur la prévention. Pour lui, cette prévention doit commencer « dès la petite enfance »: « Plus on aide les familles, plus on peut réduire le nombre de jeunes qui demain seront en difficulté ». Trois principes vont, dit-il, guider sa politique en matière de sécurité et de justice. Premièrement, la rapidité : « Quand le juge des enfants prononce une décision, cette décision doit être appliquée ». Deuxièmement, la différenciation des réponses apportées aux délinquants : « Il existe différentes structures (centres éducatifs fermés, centres éducatifs renforcés, prison, etc.) qui n’ont pas la même vocation ». Troisièmement : la cohérence qui impose un suivi dans le « parcours » du délinquant. « Toute rupture dans ce suivi peut-être nuisible pour l’intéressé et la société ».

"Assez des caïds, des bandes, des trafics !"

Pas question donc de retomber dans les travers socialistes et de rejouer la « naïveté » de Lionel Jospin en matière de sécurité. S’il se défend de faire « de la sémantique », François Hollande utilise certains mots inhabituels dans la bouche d’un candidat PS. Il parle de la « peur » des Français en matière d’insécurité, fustige les « caïds », les « bandes », les « trafics », les « réseaux organisés », dénonce les problèmes de « cages d’escaliers », promet de « sortir ces individus des quartiers ». Mais il réfute néanmoins la politique du chiffre voulue et instaurée par Nicolas Sarkozy, évoquant un « leurre ». « L’objectif des policiers n’est pas de remplir des bordeaux de statistiques, conclut-il. C’est de faire baisser la délinquance. »

De notre envoyé spécial à Dijon, Sylvain CHAZOT
France Soir
http://www.francesoir.fr/actualite/politique/la-police-de-proximite-ca-marche-dit-hollande-181424.html?google_editors_picks=true

Ces mafias qui prospèrent en France

INFOGRAPHIE – Selon un rapport de la police judiciaire, une vingtaine d’organisations sévissent désormais sur le territoire national.

Le dernier rapport de la police judiciaire sur le crime organisé en France fait froid dans le dos. Selon ce document classifié auquel a eu accès Le Figaro, une vingtaine de groupes criminels prospèrent désormais en France, sur fond de racket, de braquage, de proxénétisme ou de trafics. Voici les principaux enseignements de cette étude réalisée par la cellule d’analyse criminelle de la PJ, baptisée Sirasco.

• Milieu classique et gangs de banlieue sont à l’origine de trois quarts des faits

L’absence de «mafia française» proprement dite, «n’exclut pas, bien au contraire, le développement de multiples organisations criminelles plus réduites (…) dont la détermination et la dangerosité sont très élevées», dit la police. Qu’elles soient corses, marseillaises, grenobloises ou qu’elles émergent des cités, les pègres locales seraient à l’origine de 75% des faits relevant de la délinquance spécialisée, les organisations étrangères s’étant vues attribuer statistiquement en 2010 le quart restant, avec un peu plus de 7500 mis en cause.

• Les réseaux des Balkans sont en pointe sur les armes

Selon le Sirasco «un trafic de fourmis entre l’ex-Yougoslavie et l’Hexagone est orchestré par des organisations qui ont accès à des dépôts tampons» en France et fournissent le banditisme. Marseille en sait quelque chose. La capitale aussi. «En septembre 2010, sept Serbes ont été interpellés au nord de Paris», écrit la PJ. L’affaire a permis de connaître le prix d’une kalachnikov: achetée 450 euros en Serbie et revendue 2500 euros dans l’Hexagone.

• Les groupes turcophones tiennent le marché de l’héroïne et de la cocaïne

La police leur attribue une «place incontournable» comme «grossistes du marché européen». Ils devancent même ceux des Balkans, aussi bien pour l’héroïne que pour la cocaïne, à en juger par les saisies effectuées en France.

• Russophones et crimes de sang

Le Sirasco a recensé «cinq enquêtes pour des assassinats ou tentatives d’assassinat liées aux rivalités entre organisations criminelles russophones (quatre en PACA et un en Normandie)». Il met en garde: «Compte tenu de l’implantation croissante des organisations criminelles géorgiennes, d’autres actions violentes ne sont pas à exclure». Par ailleurs, la PJ évoque des «opérations financières émanant d’oligarques ou de criminels ayant une vie normalisée». Elle poursuit: «La France demeure un territoire d’investissement, parfois de blanchiment (résidentiel de luxe à Paris, sur la Côte d’Azur et en Savoie). D’autres investissements émanent de personnalités proches du pouvoir politique, les oligarques, fortement suspectés d’avoir construit leur fortune dans les années 1990 en s’appuyant sur des organisations criminelles (tels Boris Berezovski, Roman Abramovitch, Oleg Deripaska)…».

• Les mafias italiennes reviennent en force jusque sur le Rocher

Qualifiées de «mafias entrepreneuriales», elles se concentrent dans les régions niçoise et lyonnaise. Leurs secteurs d’activité: «bâtiment, immobilier, confection, outillage électronique». Dans les Alpes-Maritimes, deux enquêtes ont visé une famille de la Ndrangheta calabraise et un représentant de la Camorra napolitaine. La PJ estime que «ces deux organisations semblent disposer de réseaux et connexions efficaces en France ainsi qu’à Monaco».

• Les triades investissent dans le sexe

La PJ les rend «responsables d’une part importante de la prostitution à Paris». Aux «marcheuses» du quartier Strasbourg-Saint-Denis s’ajoutent les salons de massage qui «s’implantent à un rythme soutenu dans la capitale et, depuis peu, dans les grandes villes de province.» La police précise qu’ils sont «très souvent tenus par des Chinoises, ayant épousé des retraités français». Un commissaire le dit: «Plus la crise s’installe, plus les mafias se renforcent.»

Les gangs de motards s’implantent de Nîmes à Colmar

Hell’s Angels, Bandidos et autres Outlaws ont-ils un problème avec la police en France? À en croire le rapport du Sirasco, ces associations de motards, constitués en véritables gangs rivaux outre-Atlantique et dans le nord de l’Europe, seraient en train d’essaimer en France.

Ces groupes auraient une vitrine officielle très présentable. Réunis en «chapitres» et clubs affiliés, ils véhiculent l’image quasi folklorique de durs à cuire, passionnés de Harley Davidson, qui se rassemblent bruyamment lors d’événements comme les Free Wheels organisés à Courpière (Puy-de-Dôme). Mais certains de leurs membres donnent déjà du fil à retordre aux autorités. «Si l’importance de leurs activités criminelles reste faible ou méconnue en comparaison avec d’autres groupes criminels, il convient de souligner une nette accélération de l’implantation des gangs de motards sur le sol français», écrit la PJ.

Une «répartition du territoire» se serait opérée, les Hell’s investissant le centre de l’Hexagone, les Bandidos les frontières, les Outlaws le Nord-Ouest. Et les implantations se poursuivent tous azimuts. Les Hell’s ont intronisé deux nouveaux «chapitres» à Saint-Brieuc et Perpignan, les Bandidos un «chapitre» à Dijon. Au total, près d’une trentaine de «chapitres» ont vu le jour.

La PJ déplore «une démarche d’emprise territoriale se traduisant par de nombreuses manifestations d’agressivité ou de violence vis-à-vis des moto-clubs traditionnels, sommés de se dissoudre par la violence». Deux opérations de police judiciaire ont été menées en 2011. Elles ont «démontré le spectre des activités criminelles de ces gangs», n’hésite pas à écrire la police.

«Structures néonazies»

Le 26 avril dernier, lors de l’interpellation de membres d’un «chapitre» de Colmar, «quatre armes de poing approvisionnées (numéro limé)» ont été saisies, mais aussi «un pistolet-mitrailleur Sten, trois stylos-pistolets» et de la cocaïne. Le 27 juin, chez les Hell’s de Nîmes, la PJ a aussi récupéré des armes et de la coke dans le cadre d’une enquête pour «association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime».

Les affrontements entre certaines têtes brûlées seraient «de plus en plus violents», assure le Sirasco. En février 2011, l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) a mis en cause plusieurs membres français des Hell’s Angels pour une fusillade en Belgique. Les interpellés possédaient un stock de balles de 9 mm et un gilet pare-balles. Trois cadavres ont été découverts en mai dans une camionnette en Belgique.

Concernant la drogue, la PJ assure que certains «Hell’s Angels français ont investi le Maroc par le biais de leurs clubs supports. Ce choix n’est pas anodin puisqu’il s’agit d’un pays source en matière de résine de cannabis et de rebond pour la cocaïne».

Peu amène, la police décrit même certains des Hell’s français comme proches de «structures néonazies». Dans le milieu des motards, on dénonce toutefois des «amalgames».

Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/02/06/01016-20120206ARTFIG00720-ces-mafias-qui-prosperent-en-france.php

Sauvé de la noyade et de la pendaison par six policiers

Voilà six policiers de Reims qui seront peut-être proposés à l’attribution de la médaille pour acte de courage et de dévouement.

Hier en pleine nuit, au-dessus des eaux glaciales du canal, ils se sont débattus avec un suicidaire qui voulait se jeter du haut d’une passerelle, le cou entouré d’une chaîne accrochée à la rambarde pour mourir noyé ou pendu si elle avait résisté.

Le jeune homme est âgé de 23 ans. Il n’arrive pas à se remettre d’une rupture sentimentale. Vers 3 heures du matin, bien décidé à en finir, il grimpe sur la passerelle surplombant le canal le long de l’avenue Brébant, au niveau du magasin Aldi. Il accroche une chaîne, la passe autour du cou, bloque le tout avec un cadenas et enjambe la rambarde.

Menotté à la passerelle

Le père est informé des intentions suicidaires de son fils car il le rejoint précipitamment sur la passerelle. Il le supplie de revenir du bon côté de la balustrade en le tenant à bout de bras. Témoin de ce dramatique face-à-face, un habitant de la rue du Mont-d’Arène alerte le commissariat.

Deux policiers de la brigade de nuit interviennent en premier. Ils agrippent le garçon à travers les barreaux mais celui-ci se débat violemment pour tenter de sauter dans le vide en hurlant qu’il veut mourir. Une deuxième patrouille arrive en renfort. A quatre, les policiers n’arrivent toujours pas à ramener le dépressif qui pousse des mains sur le pont pour essayer de tomber à la renverse.

Ils parviennent cependant à lui passer une menotte qu’ils attachent à un barreau. Au moins, s’il bascule dans le vide, la menotte est assurée de tenir, pas comme la chaîne, et il restera suspendu suffisamment près du parapet sans risque d’être étranglé, avec un peu moins de difficultés pour le hisser ensuite.

Un troisième équipage arrive. Au total, six policiers dont les efforts cumulés leur permettent – enfin – de tirer le jeune homme du bon côté de la balustrade. Il est épuisé, abandonne toute résistance et se laisse retirer la chaîne.
Après avoir retrouvé un peu de chaleur dans l’ambulance des pompiers, il a fait l’objet d’une évacuation en milieu hospitalier tandis que pour les policiers, cette intervention terminée pouvait laisser la place à d’autres. Chacun des trois équipages a repris ses rondes dans la ville endormie.

F.C.
L’Union

SGP POLICE : tract rassemblement du jeudi 9 février département 91

manif 9.2.2012

Cheval-Blanc (84) : Une famille ligotée et braquée chez elle

Les parents étaient au salon, en bas. Leurs deux filles de 18 et 12 ans dans leur chambre, à l’étage. Il était entre 21 h et 22 h ce dimanche soir, lorsque trois hommes encagoulés ont fait irruption dans la maison [...]

Ils ont immobilisé les parents, ligoté toute la famille à l’aide de ruban adhésif, avant de les rassembler dans une chambre. Pendant que l’un des trois hommes les surveillait, les deux autres ont fouillé la maison à la recherche d’objets de valeur. [...]

Le Dauphiné Libéré
Defrancisation

Des parents écrivent aux assassins de leur fils


Le fils de Marie-Cécile et Jean-Paul Chenu a été tué par trois skinheads. J.-M. LECOMTE / 20 MINUTES

JUSTICE – Une sorte de thérapie épistolaire…

Tout a vraiment commencé à l’endroit où la vie de François s’est achevée. Dans ce parc de Reims (Marne) où le jeune homme de 29 ans a été tué. Ce soir-là, les trois skinheads voulaient «casser du pédé». Six mois plus tard, ils se retrouvent exactement au même endroit. Au bord de l’étang de ce parc. Pour la reconstitution, ce n’était plus leur victime, François, qu’ils avaient en face d’eux. Mais Jean-Paul, son père: «Au départ, je me suis caché derrière pour pleurer. Et puis, j’ai décidé de leur faire face.»

La question du pardon

Educateur de formation, Jean-Paul Chenu n’avait pas réussi à «digérer» la mort de son fils. Surtout, avec sa femme, il n’arrivait pas à comprendre ce qu’ils appellent encore «la logique de haine». Les trois jours de procès ne les aident pas. «C’est après l’annonce du jugement qu’on a décidé de leur écrire. On voulait savoir…», confie Jean-Paul. Six mois sont nécessaires pour coucher les premiers mots. La démarche est inhabituelle. «Nous ne savons pas si vous accepterez de nous lire et surtout de nous répondre», écrivent-ils aux trois assassins de leur fils. La réponse arrive quelques jours plus tard.

Une correspondance débute. «Il y a ce que vous avez fait et ce que vous êtes», explique les Chenu à l’un des trois agresseurs. «Pourrez-vous me pardonner un jour?», interroge celui-ci en retour. «Nous n’en sommes pas là et n’y serons peut-être jamais…», poursuivent les parents, qui ne sont pas soutenus par l’administration pénitentiaire. «Nous sentions qu’il était en train de changer, confie aujourd’hui Jean-Paul Chenu. Que ça l’aidait à comprendre le geste.» Les lettres se succèdent. Parfois espacées de plusieurs mois. La thérapie épistolaire laisse des traces. Jusqu’au jour où l’assassin demande aux parents de sa victime s’ils veulent bien «le rencontrer en prison»? Les Chenu réfléchissent et donnent leur accord. L’administration pénitentiaire rechigne. L’assassin fait volte-face. «Nous n’avons plus de nouvelles, poursuit Jean-Paul Chenu. Aujourd’hui, il est libre. Peut-être reviendra-t-il vers nous?»

V. V.
20 Minutes

Tournante mortelle à Marseille (vidéo)

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Cécilia, saoulée à mort et violée par Emmanuel Denis, Anis Nafti, Mounir Tinouiline et Fahem Djermoune.

"Pour moi, j’ai bien élevé mon fils. Il fait la prière."
La mère de Fahem Djermoune

Défrancisation

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