C’est un article d’Ariane Chemin et Piotr Smolar sur le Monde.fr qui nous rappelle que le Ministère de l’Intérieur est devenu le territoire réservé des policiers et des proches du Président de la République.
Dans une république ou dans ce pays malgré tout démocratique, l’exposé de la situation de ce ministère, où l’on a traîné les gendarmes, est une véritable désolation. J’y vois en fond, la description d’une oligarchie qui bénéficie d’un pouvoir de fait concédé par une seule personne, le président, et le plus amusant ( si j’ose dire ) répondant à la condition d’être passé par Neuilly sur Seine.
Le parti socialiste, qui envisage l’alternance à la prochaine élection, est obligé de faire ce constat et va se retrouver dans l’obligation de ramener un peu d’équilibre dans le centre nerveux de notre sécurité.
L’article du Monde nous présente les veillées d’armes de batailles qui se préparent pour placer les hommes providentiels aux postes qui ne manqueront pas d’être vacants si le candidat Hollande est élu.
Le parti socialiste s’interroge sur l’étendu du ménage qu’il conviendra de faire. Une chose est certaine et c’est un minimum, les responsables cités dans les affaires devront partir et prendre une retraite où ils auront le temps d’assurer leur défense dans les affaires connues et probablement celles que l’alternance va nous permettre de découvrir, c’est certain.
Faut-il une purge ? Voilà l’interrogation du jour.
Dans tous les cas, il faut chasser le mot revanche et calmer les revanchards, faire comprendre aux nombreux humiliés que le pays n’a rien à gagner à engager une action qui porterait cette tache originale, comme une faiblesse congénitale.
Songeons aux purges de Staline qui avaient privé l’armée rouge du meilleur de son encadrement juste avant la seconde guerre mondiale.
La pleine conscience de ce passé ne doit pas pour autant donner la moindre impression de faiblesse ou d’hésitation dans le choix des nouveaux hommes. L’exercice n’est pas facile, mais c’est bien à l’aptitude d’un nouveau ministre à choisir son entourage professionnel que nous jugerons de la volonté de faire changer les choses.
Les hommes mis en place de façon autoritaire pour capter les pouvoirs qui échappaient institutionnellement au palais ont eux-mêmes placé « leurs hommes ». C’est à ce deuxième cercle, qu’à mon avis, il convient de limiter la saignée.
Les administrations reprendront ensuite naturellement leurs places, la place qu’ils n’auraient jamais dû abandonner. La préfectorale administrera, la gendarmerie et la police se concentreront à leurs missions respectives, et les syndicats n’interviendront plus dans les domaines où nous n’aurions jamais du les entendre, en particulier sur l’organisation administrative de notre pays.
La gendarmerie dans l’alternance :
Côté police, les prétendants ne manquent pas, nous le voyons dans la presse, mais le silence assourdissant de la gendarmerie me semble bien suspect.
Je vais vous en donner la raison. Le premier qui « bouge une oreille » est mort. Appelons cela le syndrome Matelly.
C’est ainsi que je reçois actuellement des mails de gens qui me demandent où nous en sommes du côté des gendarmes, en cas d’alternance éventuelle. Je peux essayer de les rassurer en leur faisant remarquer que les documents que le député Urvoas produit ne tombent pas du ciel, et qu’il est probable que dans l’ombre, ça s’agite aussi du côté de gendarmes qui ne peuvent pas dire que le traitement qu’ils subissent dans les préfectures est scandaleux.
Ainsi tel commandant de groupement se fait « exploser façon puzzle » pour s’opposer à l’emploi systématique des gendarmes dans les zones de la police dans le silence le plus total.
Il n’empêche, les gendarmes sont inquiets. Les cadres de la gendarmerie se demandent à quelle sauce encore, on va les déguster, et, au fond, ils n’attendent que les noms de ceux qui vont prendre le bâton de relais de l’humiliation dont ils continueront à être victime en silence.
Pour les rassurer, je peux leur dire, que la bataille a été rude pour franchir les barrages déjà en place autour du maire de Dijon, mais nous arriverons à nous faire entendre.
La Gendarmerie n’a pas la culture de la revanche ou du moins ne l’avait pas avant Monsieur Sarkozy. Un coup de balais est-il nécessaire cependant ? Je pense que les gens qui pourraient être en trop le savent et déjà ont pris le parti d’une retraite au moins confortable dans cette année de fin monde selon les Incas. Qu’ils la prennent vite, s’ils veulent en profiter un peu.
Le propre d’une armée est l’obéissance à ses chefs ; la purge devra donc être limitée. Tout au plus, va-t-il falloir rappeler quelques réalités à ceux qui ont joué des coudes pour supplanter quelques camarades écartés pour incompatibilité avec la politique de destruction de la Gendarmerie.
Je ne saurais trop encourager les « timides » à se faire entendre. La Grogne et média armée sont les outils que nous avons mis en place spécialement pour cette période. Il n’y a pas de hasard, mais vous vous en doutiez, je présume. Pas de taupes chez nous, prenez simplement quelques précautions minimales pour le transfert de textes ou témoignages. Ben oui nous sommes là !
jmestries