Publié le 20.02.2012
Enlevé, séquestré et tabassé. Après le calvaire vécu par un jeune samedi, Orly tremble. Un homme est en garde à vue dans ce qui semble être un nouvel épisode de guerre entre deux bandes.
Orly -Val-de-Marne), samedi. C’est au numéro 10 du square Savorgnan de Brazza qu’un jeune homme de la cité a été séquestré toute la nuit et frappé. Les voisins l’ont entendu tambouriner et les pompiers l’ont sorti de là.
«C’est tendu dans toute la ville d’Orly, on a peur. Mais aucun d’entre nous n’ose porter plainte, par peur des représailles… » Les jeunes du square Savorgnan-de-Brazza, à Orly, ont de nouveau passé le week-end à se demander comment la guerre entre le quartier des Saules et celui des Aviateurs allait se terminer.
Samedi matin, ce sont les pompiers et la police qui ont dû porter secours à un jeune homme de 24 ans, enlevé devant chez lui vendredi à 22 heures, durement frappé au visage et séquestré toute la nuit dans un appartement, au 10e étage, square Savorgnan-de-Brazza. L’homme a passé la nuit enfermé, sans être entravé. Il a été conduit à l’hôpital, mais a pu en ressortir dans la soirée. L’occupant du logement dans lequel il a été séquestré, chez qui des stupéfiants ont été trouvés, a été placé en garde à vue. Une enquête, confiée au service départemental de la police judiciaire, a été ouverte pour enlèvement, séquestration et trafic de stupéfiants.
Le trafic de drogue pourrait être à l’origine des tensions
« Mais il n’a rien à voir avec ça, précisent en chœur les amis de la victime. Il avait commencé lundi un travail de préparateur de commandes à Rungis, il ne deale pas. Tout ça, ce sont encore des suites du meurtre de Liesse Khider… »
Depuis l’assassinat par balles de cet habitant d’Orly âgé de 29 ans, le 5 octobre, la guerre fait rage entre les deux cités d’Orly. Expéditions punitives, tentative d’intimidation, tirs sur des policiers, attaque d’un jeune à la machette… « Déjà, dans la nuit du 23 au 24 octobre, des jeunes avaient tiré sur la porte de l’appartement des parents de la victime de samedi, on ne sait pas jusqu’où ça va aller tout ça », insiste un voisin.
« Ils l’ont défiguré, je suis presque tombé dans les pommes quand j’ai vu son visage, il était méconnaissable, insiste le frère de la victime. Mais je ne vois pas ce que mon frère a à voir avec toutes ces histoires. Il n’avait pas l’air particulièrement inquiet ces derniers jours. » L’enlèvement et la séquestration dont il a été victime ressemblent pourtant à « un nouvel exemple d’intimidation » pour une source proche de l’enquête.
Le trafic de drogue semble être à l’origine de toutes les tensions entre ces deux quartiers. « On a peur que ça dérape, insiste un jeune de la cité, plus bavard que les autres. Les affrontements entre cités, c’est tous les jours. Souvent un ou deux se font attraper et frapper. Visiblement, ils reprochent quelque chose à notre ami, mais on ne comprend pas… »