« J’habite là depuis deux ans et demi. Les problèmes étaient réguliers. » L’homme d’une quarantaine d’années qui parle ainsi est l’un des premiers voisins du 1 bis rue de Nérac, où le GIPN est intervenu hier matin, peu après 6 heures.
Les policiers d’élite ont été sollicités pour déloger cinq jeunes gens qui s’étaient enfermés dans l’appartement de l’un d’entre eux, au rez-de-chaussée.
La mayonnaise a commencé à mal tourner vers 2 heures du matin, lorsque le locataire de cet appartement est sorti dans la rue avec un club de golf et s’en est pris à une voiture en stationnement. Un voisin a alerté la police et une patrouille de la brigade anticriminalité s’est portée sur les lieux.
L’homme est aussitôt rentré chez lui et depuis sa fenêtre a commencé à insulter les policiers. L’un d’eux s’est avancé pour tenter de dialoguer et a eu le bras coincé par les volets que l’occupant a brutalement refermé. Il n’a pu se dégager qu’en utilisant sa matraque.
Pendant ce temps les autres occupants de l’appartement couvraient aussi les policiers d’insultes et filmaient avec leurs téléphones portables.
Voyant la tournure que prenaient les choses, les policiers ont pris l’option d’attendre que les esprits se calment. Au lieu de cela, le commissariat central de Bordeaux a reçu plus de cinquante appels téléphoniques provenant de l’appartement, avec des interlocuteurs proférant insultes et menaces. Les forcenés improvisés assuraient aussi qu’ils étaient armés.
Violences et outrages
Comme ce n’était pas la première fois que la police était amenée à intervenir dans cette petite rue du quartier de la gare normalement calme, la décision a été prise de faire intervenir le Groupe d’intervention de la police nationale (GIPN). D’où l’attente jusqu’à l’heure légale où il était possible de pénétrer dans l’appartement. Ce qui fut fait en quelques minutes, en force mais sans violence, vers 6 h 45. Les cinq occupants du lieu ont aussitôt été conduits au commissariat et placé en garde à vue.
« C’est vrai qu’ils étaient souvent bruyants, mais je n’ai jamais eu de problème », assurait hier une jeune femme enceinte qui habite la rue. « C’est vrai qu’ils faisaient avant tout beaucoup la fête et donc beaucoup de bruit », ajoute le premier voisin cité plus haut. « À jeun, il n’y avait aucun problème. Mais petit à petit les choses ont commencé à se dégrader. Je ne me garais plus dans la rue, par crainte qu’ils s’en prennent à ma voiture. J’ai dû plusieurs fois appeler la police. »
Ce voisin se souvient aussi que le locataire de l’appartement « racontait qu’il avait fait de la prison et qu’il avait été proxénète ».
Le fait est que son casier judiciaire fait apparaître des condamnations et que des poursuites pour proxénétisme ont été engagées à deux reprises contre lui.
Il semble cependant qu’il n’a plus eu de problème depuis plusieurs années et occupe un emploi dans la restauration.
Hier soir, il a été le seul à être déféré au parquet pour violences, outrages à personnes dépositaires de l’autorité publique et appels malveillants. Les quatre autres jeunes gens ont été remis en liberté.