Ce brigadier-chef de la brigade anticriminalité, âgé de 32 ans, a été «délibérément» renversé par un 4×4 Porsche Cayenne, alors qu’il intervenait sur un cambriolage près de Chambéry. Les suspects ont pris la fuite. Nicolas Sarkozy dénonce un «assassinat», Claude Guéant se rend sur place.
Un policier de la brigade anticriminalité (BAC) de Chambéry, Cédric Papatico, est décédé la nuit dernière, selon le ministère de l’Intérieur, confirmant une information de RTL.
Prévenus par les pompiers à 0h25, les policiers intervenaient sur un cambriolage dans un grand magasin Darty à Saint-Alban-Leysse, une commune de la banlieue de Chambéry, en Savoie. L’équipier de Cédric Papatico a ouvert le feu, mais les cambrioleurs, «qui étaient au moins trois», mais peut-être quatre ou cinq, sont parvenus à échapper aux forces de l’ordre, selon la Place Beauvau.
Toujours d’après le ministère de l’Intérieur, le brigadier-chef a été «délibérément» renversé par un 4×4 Porsche Cayenne, dont le ou les occupants ont pris la fuite.
Un véhicule correspondant à celui utilisé par les malfaiteurs, immatriculé en Suisse, a été retrouvé à 7h15 entièrement calciné à Décines, dans la banlieue est de Lyon, à Décines-Charpieu, à 100 km de Saint-Alban-Leysse. Selon les premières constatations, il ne présentait pas d’impact de balle mais une trace de choc à l’avant.
«Un assassinat» pour Nicolas Sarkozy
Le brigadier-chef de 32 ans, père d’une fillette de 6 ans et dont la compagne est enceinte, «a été projeté à plusieurs mètres avant de retomber sur le bitume. Son collègue a tiré. On ne sait pas à l’heure où je vous parle si les malfrats ont été atteints ou blessés», a dit Nicolas Sarkozy. Le décès du policier a été constaté à 1h30 du matin.
Le chef de l’État a aussitôt qualifié d’«assassinat» la mort de ce brigadier-chef. «En voyant les policiers, le malfrat qui conduisait le véhicule a foncé délibérément, délibérément, c’est un assassinat, sur l’un des policiers», a indiqué le président-candidat, interrogé sur France Info, avant de promettre: «Tout va être mis en œuvre pour récupérer ces assassins». Nicolas Sarkozy a par ailleurs annoncé le déclenchement du plan Épervier.
Une conférence de presse mercredi après-midi, Guéant sur place
Exprimant sa «très vive émotion» et son «immense tristesse», le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a rendu «hommage au courage et au sens du devoir de tous ceux qui œuvrent au quotidien, et au péril de leur vie, pour la sécurité de nos concitoyens». «Ce sont des gens particulièrement déterminés. Il y a eu une volonté délibérée de tuer», a souligné le porte-parole du ministère de l’Intérieur. Il sera sur place en début d’après-midi.
Le procureur de la République de Chambéry, Jean-Pierre Valensi, et le directeur départemental de la sécurité publique de Savoie, Jacques Zanalda, devaient donner une conférence de presse à 15H00 au palais de justice pour faire le point sur l’enquête.
Le sydicat Alliance, second syndicat des gardiens de la paix, a réagit dans un communiqué: il dit «attendre des sanctions exemplaires à la hauteur de ce crime inqualifiable» contre «le ou les assassins». «Alors que nos collègues sont régulièrement stigmatisés», écrit-il, «ce drame rappelle malheureusement à chacun combien le métier de policier est difficile et dangereux».
À gauche aussi, le PS «tient à saluer l’action et le courage des policiers» de cette BAC «ainsi que l’ensemble des forces de sécurité qui, dans des conditions souvent difficiles, assurent avec dévouement la protection de nos concitoyens». IFrançois Rebsamen, chargé de la sécurité dans l’équipe de campagne de François Hollande, «demande que tout soit mis en oeuvre pour identifier et interpeller les auteurs de ce crime odieux».
En novembre 2011, un policier de 37 ans, membre de la BAC d’Aix-en-Provence, avait été mortellement blessé par un tir de kalachnikov lors d’une course-poursuite avec un gang de cambrioleurs à Vitrolles, dans les Bouches-du-Rhône.