Genève : la sanction d’un violeur égyptien revue à la baisse. Sa victime se suicide

La sanction d’un Egyptien de 36 ans a été revue à la baisse par le Tribunal correctionnel jeudi. Il avait été condamné pour avoir violé une jeune fille anorexique, en pleine journée, au parc des Eaux-Vives. Durant l’audience, les tourments de la victime ont été à peine évoqués.

Me Dina Bazarbachi, pour la défense, soulignait que son client n’avait pas le profil d’un violeur et que les événements du parc des Eaux-Vives résultaient d’un «malentendu».

Or, nous apprenons aujourd’hui que la malheureuse s’est donné la mort il y a tout juste un an, en avril 2011, elle avait 26 ans. «Elle n’a pas supporté la perspective d’un nouveau procès (bien qu’elle n’aurait pas été convoquée) et l’éventuelle sortie de prison de son agresseur», explique son avocat, Me Vincent Spira. […]

Jeudi, le Tribunal correctionnel, suite à une deuxième expertise psychiatrique a écarté la mesure d’internement infligée dans un premier temps au prévenu en plus de sa peine de prison (5 ans et 11 mois). Pour la remplacer par une mesure plus douce : un placement dans un établissement socio-éducatif semi-ouvert.

Pour prendre sa décision, le tribunal s’est basé sur les dires de l’expert. Lequel indiquait que l’évolution du prisonnier permettait de penser que le risque de récidive était désormais «faible à modéré». La procureure réclamait une troisième expertise ou, à défaut, le renvoi du prévenu dans son pays une fois sa peine purgée. […] Elle demandait aux juges de suivre les conclusions du deuxième expert et d’écarter l’internement. Ce qu’ils ont fait.

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/jeune-fille-violee-parc-eauxvives-s-suicidee/story/21155890

Mali : "police islamique" à Tombouctou, la charia pour les voleurs

Le groupe islamiste armé Ansar Dine, qui contrôle une partie de la ville de Tombouctou, dans le nord du Mali, a mis sur pied vendredi une "police islamique" pour "appliquer la charia" (loi islamique) aux voleurs, a appris l’AFP de sources concordantes.

http://lci.tf1.fr/filnews/monde/mali-police-islamique-a-tombouctou-la-charia-pour-les-voleurs-7202795.html

Fronde des policiers : les trois raisons du malaise

La mise en examen du gardien de la paix de Noisy-le-Sec pour « homicide volontaire » a provoqué la colère de ses collègues. Pour de nombreux policiers de terrain, cette mise en cause — sévère — réveille une colère enfouie.

Tour d’horizon des principaux griefs évoqués par une profession traditionnellement très revendicatrice.

1 De la difficulté de faire usage de la force

Représentants de l’Etat, les forces de l’ordre sont le garant de l’usage de la violence légitime. Or le drame de Noisy-le-Sec a mis en lumière une thématique jusqu’ici rarement abordée. « Par peur des poursuites, je ne connais pas un seul policier qui n’ait pas la peur au ventre à l’idée de faire usage de son arme », lance un commissaire de province, en poste dans une ville moyenne. « Le niveau d’exigence de la population s’est accru et c’est parfaitement normal. Mais, même avec des armes non létales type flash-ball ou Taser, on est constamment critiqué », ajoute un commissaire francilien.

Dans l’ensemble, les policiers réclament un assouplissement des règles d’engagement de tir. Plusieurs d’entre eux ont en mémoire ce drame du mois d’octobre au cours duquel une jeune policière avait été tuée à coups de sabre par un forcené à Bourges (Cher). « A l’époque, les collègues n’avaient pas su comment réagir. Ils n’avaient pas osé sortir leur arme », rappellent deux officiers. « Il faudrait qu’on puisse contextualiser la légitime défense. Tout se joue en une demi-seconde, pour évaluer la situation et tirer ou pas. C’est terriblement rapide », analyse Thierry Satat, du Syndicat indépendant des commissaires de police (SICP) en Seine-Saint-Denis. « On a tous la crainte de se retrouver dans la situation de notre collègue », ajoute Christophe Carrez, représentant départemental Unité-SGP-FO. Les magistrats, eux, temporisent. « La loi actuelle laisse la possibilité aux policiers de prouver leur bonne foi », confie Sophie Combes du Syndicat de la magistrature (SM, classé à gauche).

2 Des rapports conflictuels avec la justice

Mis en cause pour leur prétendu laxisme, les magistrats sont une nouvelle fois pointés du doigt par les policiers. « Si l’on voit vingt fois un même individu pour des faits similaires, c’est bien que la justice ne fait pas son travail », persifle un policier de Seine-Saint-Denis. « Trop souvent, la prison est l’exception. Quant aux peines planchers, elles ne sont que rarement appliquées », ajoute le responsable d’un syndicat policier francilien. « Lorsqu’un délinquant est arrêté et que la réponse des juges est trop faible, c’est difficile de remonter le moral des troupes », complète un commissaire. « Nous n’appliquons que le droit, répond Sophie Combes, ancienne juge à Bobigny. Même en cas de récidive, nous devons regarder les chances de réinsertion du mis en cause. Un dealeur pris deux fois en train de vendre une barrette de cannabis risque quatre ans ferme. S’il a un contrat de travail, cette peine a-t-elle un sens? » « L’incompréhension vient du manque de communication entre policiers et magistrats, déplore Virginie Valton de l’Union syndicale de la magistrature (USM, majoritaire). Certains tribunaux, comme Bobigny, ne sont pas à taille humaine, et ne permettent pas aux juges d’expliquer aux policiers le sens de leur décision. » Quant aux délinquants relâchés sans poursuite, « c’est souvent la conséquence d’un manque de preuves, les policiers n’ayant parfois ni le temps ni les moyens de les réunir », estime Sophie Combes. « Malgré tout, qu’on le veuille ou non, certains magistrats ont une approche idéologique et militante de leur métier, même si ce n’est pas la majorité », admet un juge sous couvert d’anonymat.

3 Manque d’effectifs et course aux chiffres

Ce n’est pas la revendication que les policiers souhaitent mettre en avant aujourd’hui, mais pas un d’entre eux ne nie que la baisse des effectifs (moins 13000 en cinq ans selon les syndicats) pèse depuis plusieurs années sur leur quotidien. « Rien qu’en Seine-Saint-Denis, il manque plus de 400 policiers », a rappelé hier Claude Bartolone, le président PS du conseil général de ce département. « Pour les interventions de terrain, le niveau d’exigence s’est accru ces dernières années, tandis que les effectifs baissaient. Quand on est seul pour interpeller un individu, ce n’est pas aussi facile que si on est six », remarque un commissaire d’Ile-de-France. « La politique du chiffre qui nous demande d’avoir toujours plus de résultats, ça a eu le mérite pour nous, d’être plus vigilants. On s’adapte, note un autre. Mais bon, les discours incantatoires, ça a des limites. »

Le Parisien

Marseille – Un troisième cambriolage sur le parking de la police marseillaise

L’enquête sur les vols commis sur le parking de la police marseillaise progresse. Et désespère la hiérarchie, qui sait désormais que les cambrioleurs ont agi trois fois et non deux…

Et de trois… Les investigations menées après la découverte du vol d’un véhicule de police sur le parking du SGAP (Secrétariat Général Administratif) de Marseille, le 18 avril, indiquent que les individus qui avaient découpé le grillage censé protéger les lieux se sont introduits non pas à deux mais à trois reprises dans les lieux.

Outre la voiture de police ils se sont également emparés, à l’occasion de ces trois intrusions, d’une Alfa Roméo qui était habituellement utilisée par les enquêteurs de la PJ, et d’un scooter. Les bandes vidéo sur lesquelles apparaissent les cambrioleurs les montre, d’ailleurs, montés à quatre sur ce deux roues, faisant des allers et retours dans les allées du parking du SGAP.

Enfin, cerise sur le gateau, ce scooter, aurait été, ensuite, contrôlé par d’autres policiers alors qu’il circulait dans les rues proches. Mais l’engin n’ayant pas été signalé volé, son conducteur a pu repartir sans souci…

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/un-troisieme-cambriolage-sur-le-parking-de-la-police-marseillaise_1109253.html

Angers (49) Une vieille dame retrouvée morte après une agression

Une enquête a été ouverte par le SRPJ d’Angers après la découverte jeudi du corps d’une femme âgée de 84 ans à son domicile du quartier populaire de la Roseraie, et de son mari grièvement blessé, âgé de 90 ans, [...] « L’hypothèse criminelle ne fait aucun doute », selon une source proche de l’enquête.

La victime, qui souffrait de la maladie d’Alzheimer a été retrouvée avec des traces de coups au visage.[...] Vendredi après-midi. Le mari a été hospitalisé dans un état inquiétant et son pronostic vital était engagé.

TF1 News

http://www.fdesouche.com/297074-angers-49-une-vieille-dame-retrouvee-morte-apres-une-agression

Unité police : "la colère policière" née à Noisy-le-Sec "ne s’éteindra pas le 6 mai"

Unité police SGP-FO (premier syndicat de gardiens de la paix) a déclaré vendredi que la "situation des policiers doit changer" car la "colère policière", née après la mise en examen pour "homicide volontaire" du policier qui a tué un multirécidiviste en fuite à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), "ne s’éteindra pas le 6 mai". "Quel que soit le prochain locataire de l’Elysée, la situation des policiers dans l’exercice de leur métier doit changer", écrit le syndicat dans un communiqué, demandant une "véritable stratégie nationale", un "plan" pour lutter contre la délinquance, des "effectifs et des moyens". "La colère policière ne s’éteindra pas comme par enchantement le 6 mai", après le second tour de la présidentielle, ajoute-t-il.

http://lci.tf1.fr/filnews/politique/unite-police-la-colere-policiere-nee-a-noisy-le-sec-ne-s-eteindra-7202557.html

"Police : révélations sur la grande manip de Noisy-le-Sec"

De l’art de retourner en sa faveur une manifestation anti-gouvernementale : le fait-divers de Noisy-le-Sec restera dans les annales du sarkozysme policier. C’est comme d’habitude dans le détail que se détecte la manipulation, destinée à renverser une mauvaise vapeur surgie entre les deux tours de l’élection présidentielle après la mise en examen d’un gardien de la paix pour homicide volontaire.

Tout commence donc dans la soirée du mercredi 25 avril, lorsque des fonctionnaires en poste dans le 93, département le plus difficile qui soit pour la police, se rassemblent pour dire leur colère contre la décision que vient de prendre un juge d’instruction du tribunal de Bobigny : la mise en examen pour « homicide volontaire », avec interdiction d’exercer son métier, du gardien de la paix auteur d’un coup de feu mortel contre un jeune braqueur trois jours plus tôt. A l’origine de ce rassemblement, le SGP Unité police, syndicat majoritaire, ne peut empêcher une centaine de fonctionnaires de monter à bord d’une quarantaine de voitures de service, direction la capitale.

Le mouvement d’humeur est spontané. Le cortège se dirige naturellement vers la Place Beauvau, la « maison » du patron, Claude Guéant. Au cabinet du ministre, l’inquiétude monte. Hugues Moutouh, conseiller auprès du ministre et homme fort de l’équipe, prend les choses en main. Des CRS sont déployés sur le terrain et stoppent le cortège. A cet instant, plusieurs SMS circulent, incitant les manifestants à prendre la direction de la Place Vendôme, la « maison » du ministre de la Justice. Aurait-on bloqué les voitures en chemin ? Nul ne le saura jamais, mais la suite des événements, avec un ministre de l’Intérieur qui n’hésite pas à critiquer publiquement, à plusieurs reprises, les décisions des magistrats, laisse penser qu’on aurait laissé faire au nom du réalisme politique.

Le lendemain matin, 26 avril, nouveau rassemblement de policiers à Bobigny. Les syndicats ne sont pas officiellement à la manœuvre. Une coordination apparemment spontanée se met en place. La récupération du mouvement est en marche, pilotée en direct par plusieurs policiers affiliés à l’UMP, sous l’œil professionnel et aguerri d’un homme à qui on ne la fait plus : Christian Lambert, préfet de Seine-Saint-Denis (et intime de Nicolas Sarkozy).

Le président candidat tient précisément meeting ce jour-là non loin de là, au Raincy. Il est prêt à accorder une quinzaine de minutes aux policiers. Lesquels ? La petite délégation embarque à bord d’une voiture pilotée par un responsable du syndicat « ami », Alliance, deuxième force dans la police en tenue. Porte-paroles autoproclamées de la coordination, ils reviendront devant leurs collègues deux heures plus tard pour faire acclamer « super-Sarko » et applaudir leur préfet. Chargés de bonnes nouvelles, ils annoncent la mesure du jour, empruntée par Nicolas Sarkozy au programme de Marine Le Pen : la présomption de légitime défense pour les policiers. Cerise sur le gâteau, le policier mis en examen continuera à être payé. Une découverte pour la coordination, mais pas pour les secrétaires généraux des principaux syndicats : ils en ont été informés dans la nuit, lorsqu’ils ont été reçus par le cabinet de Claude Guéant.

« Vous pouvez être fiers de vos collègues ! » lance habilement le préfet Lambert à la troupe. La colère contre la politique gouvernementale, cette manif sauvage qui aurait pu tourner au fiasco, se transforme en plébiscite pour le président-candidat. Qui flatte au passage les électeurs du Front national, assez nombreux, selon plusieurs sources fiables, dans les rangs de la police.

Alors que circulent des SMS appelant les policiers à lever le pied sur les interpellations, la coordination inonde les portables de SMS appelant au calme. Bien joué encore.

La séquence suivante se déroule au QG de François Hollande. La rumeur ayant circulé que le candidat Sarkozy recevrait les leaders syndicaux de la police, le candidat socialiste a décidé de faire de même. Rendez-vous a été pris pour 17 h 30. Petite surprise à l’arrivée : c’est un délégué du syndicat Alliance qui s’exprime devant les caméras au nom de la coordination. Alliance qui depuis le matin fait circuler une pétition réclamant… la présomption de légitime défense.

Flanqué de Manuel Valls, son porte-parole, et du député PS Bruno le Roux, François Hollande sonde les représentants syndicaux sur la mesure proposée par son adversaire. Deux sur six sont pour : le secrétaire général d’Alliance et celui de Synergie, deuxième force chez les officiers (dont l’ancien secrétaire général suit les questions de sécurité à l’UMP). Les quatre autres, les secrétaires généraux du SGP Unité police, du SNOP (syndicat national des officiers de police) et du syndicat des commissaires, majoritaires dans leur corps respectif, ainsi que celui de l’UNSA sont contre. François Hollande se rallie à cette position majoritaire.

Fin provisoire d’une séquence qui aura vu exceller le candidat Sarkozy dans ce qu’il fait de mieux, l’exploitation des faits-divers, sans pour autant parvenir à déstabiliser son adversaire.

Ultime révélation : la famille de la victime, le récidiviste Amine Bentousi, 29 ans, en cavale après sa condamnation à 10 ans de prison pour le braquage foireux d’un magasin Champion, a renoncé à organiser une marche silencieuse « pour ne pas entraver le cours de la justice ». Elle y a renoncé après un appel pressant de Jean-François Copé, maire de Meaux, la ville dont est originaire Amine Bentousi. Mais aussi, selon son avocat, le pénaliste Michel Konitz, parce que la sœur de la victime « a confiance dans la justice ». Apparemment plus que l’actuel président de la république, qui n’a de cesse de la stigmatiser.

http://www.marianne2.fr/fredericploquin/Police-revelations-sur-la-grande-manip-de-Noisy-le-Sec_a75.html

Essonne : à 74 ans, frappée à coups de casserole par ses jumelles

Un décor à la Zola. Et un drame familial. Mercredi, à 7h30, les policiers du commissariat de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne) sont appelés pour mettre fin à une dispute familiale. Dans un pavillon de Saint-Michel-sur-Orge, la ville voisine, deux jumelles de 39 ans ont frappé violemment à coups de casserole leur mère de 74 ans. La retraitée, qui hébergeait ses deux enfants, a été conduite aux urgences.

Sérieusement blessée à la tête, elle est encore hospitalisée aujourd’hui, mais ses jours ne seraient pas en danger. Selon les premiers témoignages, la septuagénaire subissait régulièrement des sévices de la part de ses deux enfants. Durant l’hiver, les jours trop froids exceptés, les filles obligeaient leur mère à vivre dehors. L’intérieur de la maison ressemble, lui, à un taudis, selon des riverains. Intenables, les deux mises en cause, atteintes de graves troubles psychologiques, ont été hospitalisées d’office.

Le Parisien

http://www.leparisien.fr/saint-michel-sur-orge-91240/essonne-frappee-a-coups-de-casserole-par-ses-jumelles-27-04-2012-1974641.php

Attaque à la voiture-bélier contre une banque à Bagneux

Une agence bancaire du Crédit Lyonnais (LCL) de Bagneux (Hauts-de-Seine) a été la cible vendredi à la mi-journée d’une attaque à la voiture-bélier par deux hommes qui ont pris la fuite sans réussir à dérober le butin, a-t-on appris de source policière. Selon les premiers éléments, les deux malfaiteurs casqués ont précipité vers 13H30 leur véhicule, qui a pris feu, sur le distributeur automatique de billets (DAB) de l’agence.

http://lci.tf1.fr/filnews/france/attaque-a-la-voiture-belier-contre-une-banque-a-bagneux-7202358.html

Les Champs Elysées en bleu

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Démantèlement d’un réseau chinois de contrefaçons de cartes bancaires

Trois ressortissants chinois ont été interpellés jeudi en région parisienne soupçonnés d’appartenir à un vaste réseau de contrefaçon de cartes bancaires venu de Hong-Kong, a annoncé vendredi la préfecture de police de Paris (PP). A Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), la brigade des fraudes aux moyens de paiement (BFMP) de la police judiciaire (PJ) parisienne a interpellé trois hommes de 23, 24 et 30 ans, membres présumés "d’un réseau chinois de contrefaçon de cartes bancaires sévissant à Paris" dans le cadre d’une enquête pour "escroquerie en bande organisée", a dit la préfecture.

http://lci.tf1.fr/filnews/france/demantelement-d-un-reseau-chinois-de-contrefacons-de-cartes-7202239.html

Rassemblement de policiers place Bellecour à LYON

Une centaine de policiers en civil s’est rassemblée jeudi midi sur la place Bellecour. Un mouvement spontané que nous a confirmé une source syndicale de Lyon. "Ce n’est pas dirigé contre le ministère de l’Intérieur ou contre celui de la Justice. C’est juste pour dire que il y en a marre", a précisé cette source. "On souhaite une meilleure prise en compte de la situation de "légitime défense", comme cela est le cas pour la gendarmerie qui a le droit de tirer après sommation." Mercredi soir déjà, plusieurs centaines de policiers ont manifesté à Bobigny puis sur les Champs-Elysées. Ils dénoncent la mise en examen pour homicide volontaire d’un de leurs collègues. Ce dernier est poursuivi pour avoir abattu un homme recherché samedi dernier à Noisy-le-Sec. Les policiers évoquent la légitime défense.

http://www.mlyon.fr/86581-rassemblement-de-policiers-place-bellecour.html

Policier mis en examen. La balle n’a pas touché directement la victime

Un policier de Seine-Saint-Denis a été mis en examen pour homicide volontaire, après avoir tué un homme, délinquant multirécidiviste, le week-end dernier. La polémique monte autour de ce dossier et de la légitime défense, à un peu plus d’une semaine du premier tour de la présidentielle.

Alors que le parquet parle d’une « balle entrée à l’horizontale », une source policière de Seine-saint-Denis confirme, grâce aux premières constatations d’enquête, que la balle a ricoché sur un obstacle, avant de toucher mortellement Amine Bentounsi dans le dos.

Course-poursuite

Que s’est-il réellement passé le samedi 21 avril à Noisy-le-sec ? Ce soir-là, le commissariat de Noisy-le-Sec reçoit un appel anonyme leur indiquant la localisation d’un individu recherché par la police.

À leur arrivée sur place, le fugitif jette une grenade « inerte ou à plâtre » avant de prendre la fuite. S’ensuit une course-poursuite à pieds avec l’un des policiers pendant que le chauffeur du véhicule de police, connaissant la topographie des lieux, bloque une issue.

C’est à ce moment qu’Amine Bentounsi, se serait retranché entre deux voitures avant de braquer un revolver à 6 coups de calibre 35 en direction du policier à pieds. Ce dernier aurait fait usage de son arme à quatre reprises en situation de légitime défense, selon lui. L’arme de la victime a été retrouvée avec le barillet plein.

La balle a ricoché

L’avocat du policier Me Merchat, qui veut faire appel de sa mise en examen, affirme que « le projectile a ricoché ».

Une source policière confirme cette version des faits au regard des premiers éléments constatés par les enquêteurs du SDPJ de Bobigny. « La balle n’a pas été droit au but, c’est un éclat de balle qui a touché la victime, la balle a dû ricocher ».

Homicide volontaire ou involontaire ?

Est-ce que la victime tentait de fuir au moment des tirs ? Est-elle morte l’arme à la main ?

Impossible de confirmer l’une ou l’autre hypothèse pour le moment. Si la première peut étayer la thèse du parquet, la deuxième permettrait sans aucun doute de requalifier les faits en homicide involontaire.

Excès de zèle

C’est d’ailleurs le sens de la colère des policiers qui manifestent depuis le début de semaine à Paris et en province, comme à Nantes ou Rennes. Le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant espérait hier que le parquet fasse appel de la qualification de la mise en examen pour un motif qu’il juge « malheureux ».

« La mise en examen est normale, tempère ce policier, c’est la qualification d’homicide volontaire qui relève d’un excès de zèle de la part du parquet. »

Un multirécidiviste connu mais dehors

Quant à la victime, les policiers savaient qu’elle « était recherchée puisque son signalement venait d’un appel anonyme, donc elle a été balancée, mais on ne connaissait pas son pedigree », indique cette même source.

Et c’est l’autre motif de revendication des forces de police. Recherché pour ne pas avoir regagné la prison de Châteaudun (Eure-et-Loir) après une permission de sortie en juin 2010, le fugitif avait été condamné à onze reprises, notamment pour des faits de vols avec arme.

Dysfonctionnement du système judiciaire et pénitentiaire

Ce policier de la PJ de Seine-saint-Denis regrette de voir qu’« il disposait d’une fiche de recherche, mais il n’était pas inscrit sur Objectif », le fichier prioritaire de la police nationale, permettant notamment à des services comme la brigade de répression du banditisme (BRD) de s’emparer du dossier.

« Il a été condamné à 10 ans en 2007 et était déjà autorisé à sortir. Il y a un dysfonctionnement du système judiciaire et pénitentiaire, tout le monde le sait, mais personne ne peut y répondre. Les juges d’application des peines croulent sous les dossiers. S’il n’y avait pas eu ce dysfonctionnement, il ne serait pas mort. »

Antoine VICTOT.

Que dit la loi ?

Les règles de légitime défense sont identiques pour les policiers et les gendarmes qui sont soumis au même régime général mais les seconds peuvent utiliser leurs armes après sommation « dans le cadre d’un régime complémentaire et spécifique ».

Selon le règlement général d’emploi de la police, l’usage de l’arme « est assujetti aux règles de la légitime défense et aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur ». L’article 122-5 du code pénal est la référence pour les policiers et les gendarmes : « n’est pas pénalement responsable la personne qui, devant une atteinte injustifiée envers elle-même et autrui, accomplit, dans le même temps, un acte commandé par la nécessité de la légitime défense ».

Les gendarmes, militaires, sont cependant assujettis à l’article L2338-3 du Code de la Défense à un régime dit complémentaire : il prend en compte les « menaces » pour « déployer la force armée ». Le texte dit aussi – ce qui n’est pas le cas pour les policiers – que lorsque les personnes invitées à s’arrêter par des appels répétés de « halte Gendarmerie » […] cherchent à échapper à leur garde « il peut y avoir usage de la force armée ».

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Policier-mis-en-examen.-La-balle-n-a-pas-touche-directement-la-victime_39382-2071103_actu.Htm
(merci à Cat Aclysme)

Les policiers obligés de regarder des pornos !

Une nouvelle loi américaine oblige les policiers à regarder des films pornographiques pendant leurs heures de service.

Il n’y a pas de sot métier! Mais cette nouvelle tâche imposée aux policiers de Los Angeles a tout de même provoqué un débat insolite aux Etats-Unis.

En cause une nouvelle loi qui vient d’être promulguée en Californie. Celle-ci oblige les acteurs de films X à porter des préservatifs.
Et pour s’assurer que cette loi soit bien respectée, le règlement stipule que les producteurs de films pour adultes doivent envoyer leurs images non encore montées aux policiers de Los Angeles qui doivent les visionner et s’assurer de la sorte que les acteurs portent bien un préservatif.

Le porte-parole de la police de Simi Valley a refusé de commenter les informations publiées par le Huffington Post. Mais un producteur de films pornographiques a confirmé l’existence de cette loi qu’il trouve absurde. « Nos clients veulent voir des acteurs sans préservatif », s’énerve Edward Arenas. En outre, selon lui, il n’y a pas assez de policiers que pour contrôler tous les films de ce genre.

http://www.eurobuzz.org/actualites/faits-divers/les-policiers-obliges-de-regarder-des-pornos-5491/
(merci à Frédérique Dufour)

Le chargement c’est maintenant, par Gilles EPARBAL

« Je suis un tigre, et un tigre ne se brosse pas les dents » Mao-Tse-Tung.

« Prenez quand même un chewing-gum, Emile » Odile Deray.

Scène de ménage, en ce jour de printemps :

Un quarteron de thons défaits franchement encartés et fraichement écartés fait ses cartons à tâtons. Avec mes lumpencollègues, les intouchables, nous matons ce bal des nazes, ce crépuscule du gratin qui pleure de concert sa panure ancienne et sa panade nouvelle. Pour nous , l’air est aussi iodé et doucereux qu’une brise du Pacifique dans la tignasse de Tim Buckley.

Mon esprit baguenaude, il quitte un peu ces vaines bitches pour Venice Beach.

Un gros commissaire Aryen, en sueur, trottine sans fin, un carton rempli de coupes dans les bras : comment ce gars, qui n’a jamais rien gagné de sa vie peut-il trimballer autant de trophées ? Son regard d’enfant progéroïde réclame notre pardon. On dirait un boyscout qui aurait trouvé le sex toy de sa grand’mère…
Une jeune arriviste, que j’avais vu se faire déclencher l’arrosage automatique sur sa petite pelouse à l’énoncé des résultats, il y a cinq ans, et qui depuis n’en avait pas fini de sécher sur pied, promène sa misère et sa carte de membre dans les ruines fumantes de ses espoirs de promotion : She won’t Guaino satisfaction, on dirait.

On se croirait à la fin d’un épisode de Cold Case, quand le fantôme du petit noir tué en 1957 fait un signe et un sourire au personnage ému qui range au ralenti un carton avec l’inscription « Closed ». Un frère, un ami, passé du côté de l’herbe plus verte et des filles à soldats, me lance un regard de basset artésien, tandis que les déménageurs les poussent au cul , lui et son siège ministre glané à la
sueur d’une valse des pantins, de son valseur de putain..

Il brise à peine, par sa geignarde solitude, cette atmosphère océane qui emplit d’iode mon réduit de travail… De son œil quémandant, il me demande grâce, que je lui joue la scène du « te voilà pomponette ». Mais non, va chier dans ta caisse, Pomponette, avec ton blaze de chrysanthème et tes feulements de salope. Il n’en a rien à foutre, le ponpon, il peut vivre sans chatte, pas sans gagner son pain…et puis il n’a pas envie de se bouger, les pieds en croix sur son bureau, il observe ses bourreaux en croix. Il a la flemme, la flemme du boulanger. Plus envie de marcher à la baguette.

Des Pol-Pot de bazar nous prendront soudainement par l’épaule et improviseront des pots de départs bizarres et larmoyants , dans le local technique, entre le massicot et les vieilles machines à
écrire, avec la plus suceuse des secrétaires, pompette, qui pleurera sa mère en offrant à bibendum un coupe-papiers … Nous y ferons la claque, à ces apéritifs Guéant, avant de nous perdre dans l’euphorie d’une nuit de 04 Août.

C’est que nos claques se perdent, depuis que la politique du chiffre est devenue politique du chibre. Ils y croyaient pourtant, ces tordus qui maniaient la serpe, hier et se tordent aujourd’hui devant nous comme des serpillères. Ils ont vendu leurs culs et nos crânes contre du vent et des bijoux, ils repartiront avec un verre de méthode champenoise dans le cornet, un sous-mains pourri et, pour les moins répudiés, les bons Shell de leurs Laguna Diesel de fonction.

Les fauves n’ont plus faim, leurs crocs sont gâtés, ils se coucheront devant nous. Miaou.

Ils n’oseront plus mordre la viande des suppliciés, de peur de chopper un ténia mérité et se contentent de toasts mous au tarama. A force de nous désincarner, il n’ont plus rien à ronger sur nos os, c’est malin. Nos chairs et nos âmes peuvent respirer un peu.

Et quand Miss Moneypenny, bourrée comme une cantine, voudra prendre tout le monde en photo à la fin des agapes, nous ferons des doigts par derrière, des oreilles de lapin aux récipiendaires qui portent bien ce nom, tout plein d’air qu’il sont, transparents et remplis raz la gueule d’ambition frelatée.

Je vais aimer, du premier rang, applaudir à tout rompre ces avanies publiques et impudiques, ces chutes cocasses vers l’oubli, les haricots en boîte et les matinées à regarder Motus.

Tant d’habits amidonnés, d’amis donnés, de rapports bidonnés pour finir les jambes ballantes, assis comme Rain man à l’arrière d’un camion Demeco. Leurs larmes couleront alors, leurs yeux s’embrumeront, tout leur paraitra flou. Je placerai « End of a century » en fond sonore, car après tout, ils n’ont pas le monopole du Blur. Ils diront des mots tout doux, tandis que résonneront de concert « Happy Hour » des Housemartins depuis mon bureau et le « tutut » du camion IVECO garé en bas, en double-file. Ils m’assureront que c’était pour mon bien, me parleront comme autant de Winnie se disputant une trainée de miel le long de mon entrejambe.

J’étais le mont valait rien, le mont gogol tas.

De ver du bois, termite, je deviens enduit, lasure, le mont de vénus, la vallée parfumée des appétits hiérarchiques. Rien à faire, je ne sourirai qu’aux anges, et tournerai les talons : on ne fait pas confiance à un musicien du Titanic qui vous demande de tenir son violon tandis qu’il relace son soulier.

Ces grands flics ne me manqueront pas : je vénère Lester Bangs, pas papy Broussard et ses Méphistos.

D’ici quelques semaines, nous remettrons sans doute la liquette en nylon pour taper le foot avec des jeunes qui bicravent. Nous enfilerons de nouveau les adidas copa mondial pour défier sur le pré la génération Sefyu, ce sera un ordre.

Nous allons arrêter d’arrêter des gens. Nous sortirons nos rates du court-bouillon. Car l’histoire, à défaut de la faire, nous ne la connaissons que trop. Le nouveau proprio soulèvera d’abord les papiers peints, se plaindra haut et fort des peintures qui s’écaillent, des lézardes planquées par de l’enduit dégueulasse… Il mettra au compte de l’aboulie de l’ancien taulier l’état de ruine générale du machin.

Puis la saison froide viendra, celle où il préfèrera siroter son Royco (poulet, pour le coup) au lieu d’aller poncer et briquer la façade, celle où il laissera deux parpaings en équilibre là où il avait prévu d’élever un muret en pierre blanches du Gard. Qu’importe, pour le moment, l’essentiel est comme Christian Dior, il est ailleurs.

Pleutres encartonnés, emportez tout ce que vous pouvez, mais débarrassez mon plancher.

Les déménageurs attendent :

Pour vous, le chargement, c’est maintenant.

http://blogs.lesinrocks.com/police/2012/04/27/le-chargement-cest-maintenant/

L’association 911-17 ouvre une opération de soutien pour aider notre collègue à surmonter cette terrible épreuve.

Une opération est lancée pour vous permettre d’envoyer vos messages de soutien à l’intention de Damien.

Voici l’adresse mail spécialement ouverte à cette occasion.
Merci de votre participation.

Soutien93@live.fr

Drôme. Saint-Vallier : un Capitaine se suicide dans sa gendarmerie

Un gendarme s’est suicidé vendredi matin dans les locaux de sa gendarmerie dans la Drôme. Il a été retrouvé ce matin dans un local de service de la communauté de brigades de Saint-Vallier.

Le capitaine de la gendarmerie de Saint-Vallier avait 46 ans. Une enquête a été ouverte.

http://www.leprogres.fr/faits-divers/2012/04/27/saint-vallier-un-capitaine-se-suicide-dans-sa-gendarmerie
(merci à Cyril Laruche)

Angers : des policiers entament une « grève du zêle »

Des policiers du commissariat d’Angers entament «une grêve du zêle» après la mise en examen pour homicide volontaire de leur collègue qui a tué un multirécidiviste en fuite en Seine-Saint-Denis.

Ils appellent cela «la grêve du zêle». L’Angevin Philippe Boussion, syndicaliste Unité SGP police FO, s’explique : « Nous ne sortons plus sur le terrain sauf en cas d’appel urgent. Et pusi on va respecter les notes de service à la lettre. Par exemple, quand on ira sur une intervention, on roulera à 50 km/h. Autant dire que si on doit prendre en chasse un véhicule volé, il n’y aura pas d’excès de vitesse. De toute façon, c’est interdit.»

Cette action spontanée qui démarre ce matin à Angers pourrait se répandre en France comme une trainée de poudre. Elle vise à réagir à la suite de la mise en examen d’un policier pour homicide involontaire.

« Les collègues en ont ras de bol de ne plus se retrouver dans l’exercice de leur métier de policier. Aujourd’hui, on prend des décisions sur le plan législatif parce qu’il y a eu un fait divers. C’est stupide. »

La même action pourrait avoir lieu à Nantes, La Baule et Saint-Nazaire.

Ouest-France

http://www.nantes.maville.com/actu/actudet_-Angers-des-policiers-entament-une-greve-du-zele-_fil-2144757_actu.Htm?xtor=RSS-4&utm_source=RSS_MVI_nantes&utm_medium=RSS&utm_campaign=RSS
(merci à Cat Aclysme)

Police : derrière la fronde, un vrai et profond malaise

La mobilisation des policiers de Seine-Saint-Denis mercredi soir à Paris, pour soutenir un collègue mis en examen pour « homicide volontaire » traduit aussi, et surtout, un profond malaise chez les hommes en uniforme.

Un suspect de 29 ans abattu lors d’une poursuite à Noisy-le-Sec samedi dernier en Seine-Saint-Denis, un policier mis en examen pour « homicide volontaire », donc meurtre mercredi, et quelques heures plus tard, 200 policiers qui manifestent aux deux tons sur les Champs-Élysées ! Cet incroyable enchaînement, encore jamais vu en France, éclate au milieu de la campagne électorale et laisse tous les policiers de France sans voix. Sans préjuger des suites de l’enquête, et de la responsabilité envisagée du fonctionnaire de 33 ans qui met en avant « la légitime défense » pour expliquer l’usage de son arme de service, le coup de sang de ses collègues, et de tous les syndicats de police, illustre un malaise qui ne fait que grandir depuis de longs mois.

Pressurés par la politique du chiffre, démoralisés par la baisse drastique de leurs effectifs et de leurs moyens, inquiets face à une délinquance de plus en plus violente et déterminée, se sentant incompris par la justice et mal aimés par les citoyens qu’ils défendent, les policiers ont du vague à l’âme. « Notre ancien ministre, qui disait nous aimer, nous tue à petit feu », déplore un policier toulousain à propos de Nicolas Sarkozy, un temps envisagé comme le sauveur et qui ne trouve plus personne dans « la Grande maison » pour le défendre aujourd’hui.

«ARMÉE MEXICAINE»
« Quand je suis rentré dans la police voilà 30 ans, il fallait avoir ses indics, amener des affaires. Aujourd’hui on nous parle toujours d’indicateurs mais ce ne sont plus les mêmes ! », ironisait voilà quelques mois un commandant, à l’heure de quitter son poste toulousain. La police des chiffres, « qui remplit des cases et oublie la réalité de ses vraies missions », les fonctionnaires l’exècrent. « Des chiffres, des indicateurs d’activité, bien sûr qu’il en faut. C’est nécessaire, mais comment envisager uniquement cela pour diriger un commissariat ? C’est impossible. Et en plus, les commissaires sont tellement obnubilés par ces indicateurs que les rapports humains sont catastrophiques. D’ailleurs, ils n’existent plus ! », constate un ancien. « Ce boulot je l’ai aimé, adoré même. Aujourd’hui je ne viens plus que pour la paye… », ajoute un autre.

Et ce malaise se traduit par des tensions quotidiennes avec une hiérarchie décrite comme « une véritable armée mexicaine bientôt y aura plus de chefs que de soldats » et qui doit faire « toujours plus » avec des moyens toujours moindres. Seulement cinq cents recrutements de gardiens de la paix sont prévus en 2012 sur la France. « Uniquement sur la Haute-Garonne, 81 départs en retraite sont annoncés . Imaginez au niveau national », lâche un syndicaliste policier. L’arithmétique de la révision générale des politiques publiques est simple : 10000 fonctionnaires en moins entre 2008 et 2013. « La mise en examen de notre collègue est la goutte d’eau de trop !, avertit un gardien de la paix. Ça va exploser ! »

Jean Cohadon

La police s’invite dans la présidentielle
Cette affaire a suscité hier de très nombreuses réactions dans la classe politique et bien sûr de la part des candidats à la présidentielle.

Allant dans le sens de nombreux policiers, Nicolas Sarkozy souhaite la mise en place d’une «présomption de légitime défense pour les policiers et gendarmes dans l’exercice de leurs fonctions», une proposition déjà faite par la présidente du Front national, Marine Le Pen. Le président-candidat exprime « son soutien et sa compréhension aux collègues du policier mis en examen tout en assurant ne « pas juger la justice dans cette affaire. Mais seulement agir, en qualité de chef de l’état, pour défendre l’honneur de fonctionnaires lorsqu’ils sont mis en cause ».

François Hollande préconise pour sa part « une protection administrative des policiers mis en examen pour qu’ils ne perdent pas leur salaire ». Le candidat socialiste s’en remet à « l’indépendance de la justice que personne ne peut remettre en cause ». Il garantit aussi les policiers « de sa compréhension en cette période où ils voient leurs moyens réduits ». Et, le député de Corrèze de souligner « qu’après une mise en examen, c’est la présomption d’innocence qui demeure ». Il a aussi souligné qu’il n’était «pas favorable, par principe, à tout annonce de législation nouvelle quand il se passe un incident ou un fait divers».

Quant au Syndicat de la magistrature il juge «abérrante» la réaction du ministre de l’Intérieur qui soutient la version de la légitime défense soutenue par le policier».

G.A.

Polique du chiffre : ces lettres de « mission » qui agacent la base
Révélée en septembre dans nos colonnes, la lettre de mission adressée aux policiers de la formation des motocyclistes urbains du commissariat central de Toulouse avait fait grand bruit. Un commissaire fixait à ses hommes des indications très précises : « 24 interpellations par mois et 600 timbres-amendes par mois constituant des minimums ». Un rappel à l’ordre pour tenter de mobiliser des fonctionnaires qui traînaient des bottes, mécontents d’une réorganisation de leur emploi du temps. « Un exemple parmi d’autre de l’absurdité de la politique du chiffre », préfère un policier de la Ville rose.

« Cette politique se traduit par du concret. Il faut lire les lettres de mission. Si ça continue, on va nous annoncer en janvier le nombre exact de délinquants qu’il nous faut arrêter sur douze mois », annonce un enquêteur de la sûreté départementale de la Haute-Garonne. Et les objectifs prennent trop souvent des airs de «Mission impossible» aux yeux des enquêteurs.

« Comment je peux savoir si je vais arrêter cinq détenteurs d’armes, douze voleurs de cuivre ou vingt-deux vendeurs de barrettes de haschich ? Avant, le taulier, le patron, te donnait les objectifs autour d’un verre et te réclamait, avant tout, des affaires d’initiative. Ensuite, c’est devenu plus officiel, à travers des courriers et des pourcentages. Maintenant c’est chiffré : tant d’écrous dans l’année et tant pis pour l’avis des juges, et parmi eux, tant dealers de shit, tant de braqueurs ou de pickpockets. Je ne crois pas que le nombre de meurtriers est précisé mais ça ne saurait tarder », rigole un jeune retraité en prévenant, « Il était grand temps que je parte… »

« Aujourd’hui, avant de se lancer dans une enquête, il faut la chiffrer. Ce n’est pas le voyou qui compte pour nos chefs, c’est l’argent que sa traque va coûter », déplore de son côté un enquêteur du service régional de police judiciaire. Et un de ses collègues lâche : « Pour une affaire Merah aux moyens énormes, quelle tristesse au quotidien ! »

J.C.

« Les gardiens de la paix se sentent abandonnés»
Matthieu Molines, un doctorant du Centre de recherche en management de l’Université de Toulouse 1 Capitole, vient de réaliser une étude sur les conditions de travail et le ressenti des gardiens de la paix.

Ce travail, dont les résultats doivent être rendus publics dans les jours qui viennent, révèle un certain, pour ne pas dire un fort, malaise au sein de la profession. Les conclusions font notamment état « de dysfonctionnements au niveau du management et d’un sentiment d’abandon de la part de la hiérarchie ».

C’est à partir du réseau de milliers de délégués du syndicat Alliance (second syndicat de gardiens de la paix) que Matthieu Molines a mené son travail. Plus de 6000 policiers, sur les 130 000 qu’il a sollicités, ont répondu aux trois questionnaires établis par le jeune chercheur. Parmi les sondés, 70 % sont très critiques vis-à-vis de leur commandement. Ils sont la même proportion à estimer que faire du chiffre est essentiel » tout en déplorant que la politique du résultat, c’est-à-dire celle des vraies enquêtes qui aboutissent à quelque chose de vraiment probant, soit mise en retrait au bénéfice du chiffre justement. Ces policiers affirment également regretter à 71 % « ne pas être suffisamment reconnus » et à 81 % « de ne pas être suivis par la justice ». 80 % se plaignent du poids de « la paperasserie et des lourdeurs bureaucratiques ». Pour la plupart, « tout cela joue sur le stress et la motivation et en pousse certains à se suicider ».

G.A.

« Ils en ont marre !»
Alain Hamon, journaliste et écrivain spécialiste de la police, répond à nos questions.

La manifestation de policiers, en soutien à leur collègue mis en examen ne traduit-elle pas un malaise plus profond dans la police ?

Oui. Et ce malaise est bien réel. Beaucoup de policiers en ont marre de ne pas être suffisamment considérés et soutenus par leur hiérarchie, par la population et la justice qui ne donne pas toujours suite à leurs procédures qui, il faut le préciser, sont loin d’être toujours assez bien ficelées pour aller jusqu’au tribunal. Cette affaire de coups de feu mortels, comme ces procédures mal ficelées, montrent d’ailleurs qu’il y a aussi un problème de formation. Et plus particulièrement au niveau des gardiens de la paix et des brigades anticriminalité. Les policiers en ont aussi assez mare d’être instrumentalisés par les politiques qui, pour séduire l’opinion publique, exigent d’eux qu’ils fassent du chiffre aux dépens d’un véritable travail de fond.

Les policiers ont déferlé sur les Champs-Élysées alors qu’ils n’ont pas le droit de manifester…

Ils ont un droit de réserve qu’ils n’ont pas respecté. Cette manifestation, qui semble spontanée, est aussi l’expression des dissensions qui secouent actuellement le syndicat SGP Unité police dont le policier mis en examen est délégué. La direction semble avoir été dépassée par sa base. Il n’empêche que cette violation du droit de réserve est inquiétante d’autant que c’est la seconde fois en quelques mois. L’an dernier, des policiers avaient déjà manifesté devant le tribunal de Bobigny pour dénoncer la condamnation de trois de leurs collègues qui avaient volontairement tronqué une procédure pour faire accuser un innocent. Tout ça montre que c’est un peu le souk en ce moment dans la police».

Recueilli par Guillaume Atchouel

Alain Hamon vient de publier « Police, l’envers du décor » éditeur : Jean-Claude Gawsewitch

http://www.ladepeche.fr/article/2012/04/27/1340801-police-derriere-la-manif-un-vrai-et-profond-malaise.html
(merci à Cat Aclysme)

SONDAGE + ARTICLE : Faut-il revoir les règles de légitime défense pour les policiers ?

La classe politique, François Hollande et Nicolas Sarkozy en tête, ont réagi ce jeudi à la mise en examen d’un policier, mercredi, pour «homicide volontaire». Le fonctionnaire est accusé d’avoir tué samedi un multirécidiviste en fuite en Seine-Saint-Denis.

Nicolas Sarkozy, qui a reçu en privé une délégation de policiers à la mairie du Raincy (Seine-Saint-Denis) où il était en meeting, s’est déclaré favorable à la «présomption de légitime défense» en faveur des policiers.

François Hollande a lui souhaité que les policiers continuent de bénéficier d’une «protection administrative» et ne perdent pas leur salaire dans ces circonstances. Toutefois, interrogé sur la proposition de Nicolas Sarkozy d’une «présomption de légitime défense» pour les policiers, il s’y est dit opposé. Le candidat PS ne veut pas d’une loi après chaque fait divers.

Selon vous, faut-il revoir les règles de légitime défense pour les policiers ?

LeParisien.fr
http://www.leparisien.fr/faits-divers/faut-il-revoir-les-regles-de-legitime-defense-pour-les-policiers-26-04-2012-1973149.php
(merci à Cat Aclysme)

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