A la lecture de la presse, on se rend compte que l’objet réel des manifestions de policiers n’est pas aussi évident que cela semble l’être.
J’ai la faiblesse de penser que l’objet n’est pas du tout celui affiché, mais bien plus une lutte d’influence pour préserver la puissance des syndicats qui cogèrent le ministère de l’intérieur depuis 10 ans et déterminent la politique de sécurité du pays par-dessus tous autres décideurs.Seulement, les temps changent.
Les syndicats dépassés par la base :
Les syndicats sont contestés à l’intérieur même de la police. Les distributions de médailles et de grades aux leaders syndicaux y sont pour beaucoup probablement, puisqu’elles témoignent plus de la réussite de parcours individuels, que d’une action au service des adhérents. Il ne faut pas oublier non plus les vœux très « bling bling » auxquels nous avons assisté en ce début d’année. Je passe les départs dans la préfectorale et le mouvement migratoire auquel on assiste ces derniers mois qui démontrent à mes yeux le peu d’intérêt de ces gens pour la république et dévoile leur véritable échelle de valeur. « Charité bien ordonnée commence par soi-même », c’est à cela que nous avons assisté depuis dix ans. ( Nous avons leurs frères jumeaux dans la gendarmerie – ne faites pas de complexe, amis policiers )
Les syndicats sont riches et puissants, pourtant, ils n’ont pas pu maîtriser le mouvement de protestation des gardiens de la paix de ces dernières semaines dont ils se trouvaient écartés.
Il s’agissait de manifestations que les policiers organisaient « hors système » et de cela, les syndicats ne veulent pas entendre parler.
Pas de mouvements hors des clous : voilà la priorité. Il en va de l’autorité des syndicats existant ( à destination du nouveau pouvoir ), puisqu’elle semble contestée à l’intérieur même de la police.
Cela a d’ailleurs été démontré par le sort fait aux deux animateurs de l’association « police-victime » qui prétendaient, de leur côté, contourner les syndicats en place pour donner un ton différent, trop indépendant sûrement, aux revendications des policiers de terrain. Ce n’est pas la guerre que l’on a faite à ces deux hommes, c’est de la destruction en règle. J’ai pu lire le rapport du dossier disciplinaire de l’un d’eux et je vous assure que tous les moyens ont été mis en œuvre pour les faire disparaître de la sphère policière. Les approximations contenues dans ce document vont probablement éclater au visage des rédacteurs dans la procédure judiciaire qu’elles ont entraînée.
Et j’ajouterai que je souhaiterais savoir à quel syndicat émargent ces autorités pour me faire une idée précise de l’origine des coups donnés à ces deux gardiens de la paix. Les syndicats officiels les laissent se faire dévorer en nous laissant penser qu’ils ne sont pas que des spectateurs dans cette liquidation aux airs de règlement de compte. Nous en saurons plus le 30 mai, date à laquelle ces deux policiers comparaissent devant le conseil de discipline.
Pouvons-nous suggérer à la nouvelle administration d’oublier ce dossier puisque aujourd’hui ce que disaient ces deux gardiens de la paix n’est que la revendication première du syndicat majoritaire des gardiens de la paix. Cherchez l’erreur ….
S’affirmer aux yeux de nouveau pouvoir :
Saugrenues ……. ces manifestations :
Les policiers manifestent leur mécontentement dans les rues lors de deux manifestations distinctes. Faut-il rappeler que le gouvernement sortant ne peut gérer que les affaires courantes et que celui qui va lui succéder n’est pas encore connu.
Un jour pour le syndicat Alliance qui veut recoller au terrain et peut-être récupérer ces irréductibles qui se passaient fort bien d’eux les semaines précédentes, ramener les brebis à bercail, en quelque sorte. Le mot d’ordre est « la présomption de légitime défense « . Je ne peux pas vous expliquer en quoi cela consiste. Je n’en sais rien au juste. La présomption d’innocence est largement suffisante si elle est étendue à d’autres personnes que Squarcini, par exemple. A mon sens, ce n’est qu’un prétexte pour affirmer une autorité perdue à trop s’identifier à la politique de M Sarkozy, redorer un blason terni, et peut-être, bien sur, avertir les arrivants qu’il faudra compter sur eux et qu’il est un peu tôt pour les enterrer. Bref un avertissement sans frais.
La réaction ne s’est pas faite attendre pour l’autre syndicat, SGP-Police. Il organise, elle aussi un rassemblement mais sur un thème différent. Il prêche un changement dans l’emploi des forces de l’ordre, l’abandon de la politique du chiffre, le retour à une police de proximité, et l’abandon de la RGPP. Ça tombe bien, si j’ose dire, puisque précisément le projet du nouveau président prend ce chemin. Nous l’avons longuement expliqué dans ce blog.
Mais alors à quoi bon une manifestation sans objet réel ? L’objet est de toute évidence tout autre que celui affiché, mais bien l’affirmation de sa présence et de sa puissance aux yeux du gouvernement à venir, peut-être démontrer que cette centrale syndicale n’entend pas laisser le champ libre au seul syndicat Alliance, voire allumer un contre-feu pour protéger l’arrivant, et se mettre bien dans ses petits papiers. allez savoir..
Nous n’assistons qu’à des batailles d’influence dirigées vers le nouveau pouvoir
Du côté des officiers de police, rien ne transpire encore, mais il est fort probable que « ça doit flinguer » également.
Une seule question, au fond, attise ma curiosité : La cogestion du ministère de l’intérieur va-t-elle se poursuivre avec un nouveau gouvernement ? La Gendarmerie va-t-elle encore en payer le prix ?
Le ministère de l’intérieur a résolument besoin d’une femme ou d’un homme d’Etat.
jmestries
La Grogne dans la Gendarerie
(merci à Cat Aclysme)
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