Un détenu s’évade à Roanne

le 29/05/2012

Un détenu de 32 ans s’est évadé hier en fin d’après-midi du centre de détention de Roanne, profitant d’un parloir pour quitter la prison avec les familles, a-t-on appris aujourd’hui de source judiciaire. Le jeune homme, multirécidiviste et condamné pour vol, infraction à la législation sur les stupéfiants, séquestration et violences, devait rencontrer son frère au parloir vers 17h hier. Au terme de leur conversation, il s’est rangé du côté des visiteurs, a précisé cette source.

Ce détenu jusqu’alors "discret", arrivé en mars dernier au centre de détention et libérable en juillet 2015, a alors quitté les lieux sans être remarqué, avant qu’un surveillant ne s’interroge bien plus tard sur son absence. Les surveillants présents lors du parloir ont été auditionnés mardi par les services de police, a ajouté la source judiciaire.

C’est la première évasion dans ce centre inauguré en janvier 2009 par François Fillon, alors premier ministre, et qui n’avait jusqu’alors connu que des "non-réintégrations" après des permissions de sortie accordées aux détenus. La prison accueille actuellement 550 détenus dont une cinquantaine de femmes, purgeant des peines allant d’un an de détention à la réclusion à perpétuité.

Source:AFP

(merci à "DAN92" du Forum Police & Réalités)

Sarreguemines (Moselle), des individus tirent sur un véhicule pénitentiaire et libèrent un détenu

Un véhicule de la pénitentiaire qui transportait un détenu a été attaqué en plein centre-ville.

Un détenu de la maison d’arrêt de Sarreguemines âgé de 42 ans s’est évadé ce mardi vers 15 h, grâce à deux complices. Le trio court toujours.

Le véhicule de la pénitentiaire revenait de l’hôpital où le détenu avait été conduit pour une consultation médicale. L’attaque a eu lieu en plein centre-ville, rue de la gare. C’est là que ses complices l’attendaient à bord d’une Audi noire.

Armé d’un fusil à pompe, l’un des deux hommes qui se trouvaient à bord a ouvert le feu. Si le pare-brise a volé en éclat, les surveillants, très choqués, ne sont pas blessés.

http://www.estrepublicain.fr/actualite/2012/05/29/spectaculaire-evasion-a-sarreguemines

(merci à "duralexsedlex" du Forum Police & Réalités)

Il appelle les gendarmes et oublie de dissimuler ses plants de cannabis

Lorsqu’on cultive du cannabis dans son jardin, mieux vaut éviter d’appeler la gendarmerie à tout bout de champ, ou du moins pas sans prendre un certain nombre de précautions. C’est l’expérience qu’a faite un habitant de Saint-Saturnin jeudi soir.

Après que les gendarmes sont parvenus à apaiser un peu les humeurs agitées du couple, ils se sont intéressés à leur étrange potager, des plants de cannabis en fait. L’homme, âgé de 45 ans, est convoqué pour un rappel à la loi.

http://www.laprovence.com/actu/faits-divers-en-direct/il-appelle-les-gendarmes-et-oublie-de-dissimuler-ses-plants-de-cannabis

Grand chambardement au sommet de la police

Jugés trop proches de Nicolas Sarkozy, les grands patrons de la police nationale et de la Direction centrale du renseignement intérieur doivent être remplacés en Conseil des ministres demain mercredi.

À ces fonctions-là, il n’y a pas d’intérim imaginable. Le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, le directeur général de la police nationale (DGPN), Frédéric Péchenard, et le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, doivent, sauf surprise, être remplacés demain mercredi en Conseil des ministres. Parmi les noms des remplaçants probables circulent ceux de Bernard Boucault, directeur de l’ENA, pressenti pour la PP, ou Claude Baland.

Retour en force des énarques
Certains y verront le grand retour des énarques Place Beauvau, deux des partants n’étant pas passés par l’École nationale d’administration, mais ayant commencé leurs carrières comme commissaires de police avant d’être promus préfets par Nicolas Sarkozy.

La semaine dernière, une réunion d’arbitrage avait été organisée par l’équipe de François Hollande à l’Élysée. Cinq à six noms de successeurs possibles étaient avancés. Le chef de l’État a tranché. Le remplacement éventuel du préfet de police de Paris, énarque, avait fait l’objet d’un intense débat. Ce haut fonctionnaire, dont le parcours républicain est salué de façon unanime, va finalement être remplacé pour obtenir peut-être d’autres fonctions préfectorales ou au Conseil d’Etat. Car sa retraite administrative ne doit prendre effet qu’en août 2013.

Chasse aux sorcières
Plus que celui de Michel Gaudin, préfet classique, les cas de Péchenard et Squarcini sont emblématiques des clivages politiques dans la police. Car ces deux hauts fonctionnaires paient avant tout leur attachement à la personne de Nicolas Sarkozy.

Interrogée sur le climat de «chasse aux sorcières» dénoncé par Claude Guéant, la première secrétaire du PS, Martine Aubry, avait déclaré il y a une semaine sur France Info que ces deux policiers sur la sellette étaient «actuellement mis en cause dans un certain nombre d’affaires, y compris peut-être dans les écoutes qui ont été mises en place dans les atteintes aux sources des journalistes, donc ça, disait-elle, c’est un choix par rapport à des comportements d’individus».

Verrouiller les postes clés
D’autres nominations sont à prévoir aux divers échelons de la police quand les nouveaux directeurs auront pris leurs marques. À la DCRI bien sûr, mais aussi à la PJ, dans la sécurité publique, chez les CRS ou à la Police aux frontières.

Concernant les postes à la discrétion du gouvernement qui nécessitent une nomination par décret du président de la République, un grand commis rompu au jeu des alternances fait le pari que «l’hôte de l’Élysée verrouillera avant les législatives un maximum de postes clés, car dans l’hypothèse, même peu probable, selon lui, d’une cohabitation, ces hauts fonctionnaires dévoués seront, dit-il, une excellente garantie en cas de bras de fer à venir avec un gouvernement de droite».

Intime de Manuel Valls
Reste la situation particulière d’Alain Bauer. Ce criminologue, très consulté par Nicolas Sarkozy lorsqu’il était aux affaires, a choisi, comme il l’a toujours fait après des élections nationales, de remettre ses mandats aux nouveaux responsables de l’exécutif, démissionnant de ses fonctions de président du Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégiques (CSFRS), de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) et de la commission sur le contrôle des fichiers de police.

«Je préfère perdre un poste qu’un ami», dit élégamment cet intime du nouveau ministre de l’Intérieur, Manuel Valls. Le Pr Bauer, toujours titulaire de sa chaire au Cnam, demeure l’un des rares experts français de niveau international sur les questions de sécurité. Il n’a rien perdu de son influence, y compris et surtout dans les rangs de la gauche dont il est issu.

Par Jean-Marc Leclerc

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/05/29/01016-20120529ARTFIG00469-grand-chambardement-au-sommet-de-la-police.php

« ON N’A PLUS DE VIE ! »

Les habitants de la résidence La Ville Verte, 20, chemin des Tilleroyes, sont exaspérés par les nuisances d’une bande de jeunes qui leur pourrissent leurs jours et leurs nuits.

«Si ça continue, ça va mal finir. Des mois que ça dure… Ils sont une dizaine qui veulent établir leur territoire et faire leur loi ici, mais nous, on n’en veut pas. »

Ils sont une dizaine eux aussi, mais de locataires, à s’être rassemblés pour dénoncer la « dégradation du climat et la montée de l’insécurité » qu’ils subissent.

Si aucun ne souhaite voir son nom publié (par crainte des représailles), chacun a néanmoins paraphé et signé les diverses pétitions qui ont circulé dans le quartier avant d’être envoyées aux diverses autorités, mais sont restées pour l’heure lettre morte (lire par ailleurs).

SQUAT, TAGS, TAPAGE, TRAFICS…

Depuis 2 ans, les tourments de ces habitants de la résidence La Ville Verte, 20, chemin des Tilleroyes, ne sont allés qu’en s’accentuant. Ce sont « des rodéos sur le parking, musique à fond. Ils squattent nos garages et les étages en laissant leurs détritus, cassent des bouteilles devant les entrées et pissent partout… Des vrais cochons ! Il y a aussi les tags sur les portails, les garages cambriolés, les locaux saccagés… Sans parler des trafics sur le parking : drogue, vêtements de marque… C’est permanent. Surtout en fin de semaine où là, c’est non-stop les nuits. »

« QUELLE JUNGLE ! »

Chacun, parmi la dizaine de riverains réunis, a une anecdote sur les calamités que ces lascars infligent au quartier. « L’autre soir encore, ils ont fait le bazar jusqu’à 3 h du matin devant le local à poubelles ! » « Une nuit, j’en ai trouvé sur ma terrasse, en train de fumer en tapant des pieds sur mon mur. » « L’autre jour, c’était Starsky et Hutch sur le parking ! » Ou encore : « Nous qui avons tout connu en cité à Montbéliard et pensions être ici au calme en venant à Besançon, on est servis ! Quelle jungle ! »

INSULTES ET MENACES, « ILS N’ONT AUCUN RESPECT, TOUT LEUR EST PERMIS ! »

Ont-ils tenté de raisonner ces jeunes ? « Bien sûr ! Mais même quand vous les chopez en leur mettant sous le nez les cartons de pizza avec leur nom dessus parce qu’ils se les sont fait livrer et qu’ils les ont laissés dans votre garage, ils vous disent ‘’c’est pas moi’’ ! »

Et à la moindre remontrance, « ce sont des insultes et des menaces : “Sales Français ! Sale pute ! Je vais te crever les pneus’’… Ils n’ont aucun respect. Tout leur est permis ! »

Un concierge a déjà quitté la résidence. Et l’autre ronchonne qu’il en a « marre » en nettoyant chaque matin les immondices laissées par ces malotrus manquant d’éducation.

« C’EST QUAND MÊME PAS À NOUS DE PARTIR ! »

Sur la dizaine de sauvageons, âgés de 15 à 25 ans, qui pourrissent la vie de ces habitants, seuls trois habitent la résidence. Les autres sont des copains des autres quartiers qui ont élu là leur terrain de « jeu ».

Les parents ? « Oh ! L’un d’eux nous a dit : ‘“Appelez la police et faites-le enfermer, moi je ne sais plus quoi en faire !’’ Quant aux autres, nous avons été reçus par des cris d’hystérie. Impossible de communiquer. »

Les solutions envisagées ? « Des rondes de nuit, des caméras… on ne sait pas. Mais il faut que ça bouge, sinon un jour ça va mal se passer. Et c’est quand même pas à nous de partir ! »

Pierre LAURENT

Preuve de la tension permanente subie par les habitants, la personne chez laquelle les locataires s’étaient réunis pour témoigner a reçu deux boules puantes dans son salon (jetées par la porte-fenêtre restée ouverte) au cours de la petite heure qu’a duré la réunion. Sortant de chez elle, elle a été insultée et sa voiture bombardée d’œufs. Pour autant, les différents courriers collectifs envoyés n’ont pour l’instant abouti à rien. La Ville a botté vers le bailleur (Grand Besançon Habitat) « pour qu’il traite les problèmes signalés ». Grand Besançon Habitat a promis en septembre de « s’attacher dans les mois à venir à rendre votre cadre de vie plus agréable » mais surtout invité à « composer le 17 », c’est-à-dire les services de police. Lesquels en octobre ont reçu « des instructions pour effectuer des contrôles dans le secteur » sans plus de succès. Quant à la présidente de Région, elle n’a pas manqué de répondre en novembre que « l’insécurité dont vous témoignez relève de la compétence des services de l’État. Or […] la réduction drastique des effectifs a des conséquences sur le commissariat de Besançon qui compte […] 32 agents de moins. » Bref, comme le soulignent les riverains, « tout le monde se renvoie la balle. » Mais le problème, pour l’instant, reste entier.

http://www.estrepublicain.fr/doubs/2012/05/29/on-n-a-plus-de-vie

Thorigny-sur-Marne : une mère de famille tuée à coups de couteau

«Elle était adorable. Lui, je ne le connaissais pas, mais je ne veux pas parler de tout ça », lâche, dans un sanglot, cette habitante de Thorigny-sur-Marne. Quelques heures après le drame qui a endeuillé la tranquille rue Pasteur, hier, elle est encore sous le choc. Peu avant 7 heures, une femme de 48 ans, locataire d’une maison située au numéro 53, est décédée après avoir reçu plusieurs coups de couteau sur tout le corps.

L’homme qui l’a poignardée, âgé de 56 ans, lui-même blessé à l’abdomen, a été hospitalisé et opéré. « Je ne la connaissais pas, je la voyais seulement passer devant la maison, avec son jeune enfant. On se disait bonjour, c’est tout », indique une riveraine.

Une dispute aurait éclaté entre la victime et son agresseur

Le drame s’est noué dans la cour de l’habitation, raison pour laquelle hier, outre un scellé posé sur la grille évoquant un meurtre, une énorme bâche camouflait le pavillon de la vue des passants. Selon les premières investigations, une dispute a éclaté entre la victime et son agresseur, qui — selon les enquêteurs — était son petit ami. L’altercation, qui a démarré dans la maison, a dégénéré.

La victime, voulant peut-être échapper à la fureur de son compagnon qu’elle souhaitait quitter, est sortie dans la cour, où elle s’est effondrée. Au moment du drame, la fille de la victime — âgée d’une vingtaine d’années — était déjà sortie du domicile. En revanche, le fils, âgé de 6 ans, était présent dans la maison : il a été retrouvé prostré. C’est un voisin, alerté par les cris, qui a appelé les secours. Les policiers de la compagnie départementale d’intervention (CDI), en renfort dans le secteur, sont arrivés les premiers. Ils ont désarmé l’agresseur, visiblement ivre, qui avait encore un couteau à la main. Les pompiers et le Samu ont tenté de sauver la vie de la mère de famille. En vain.

La police judiciaire de Meaux a été saisie de l’enquête. Ils vont devoir déterminer les circonstances du drame. Deux armes blanches ont été saisies. Y a-t-il eu des violences réciproques? La mère de famille s’est-elle défendue en frappant son ami ? S’est-il lui-même poignardé, pour mettre fin à ses jours? L’auteur des coups mortels — qui n’a pas pu être placé en garde à vue — n’a pas été auditionné, hier, en raison de son état de santé. Une autopsie de la victime a été ordonnée par le parquet de Meaux.

Le Parisien

http://www.leparisien.fr/faits-divers/thorigny-sur-marne-une-mere-de-famille-tuee-a-coups-de-couteau-29-05-2012-2022768.php

Suisse : des forces spéciales de police contre les criminels immigrés

Le nombre de demandeurs d’asile a plus augmenté en 2011 qu’au cours des 9 dernières années. La criminalité a également augmenté. Plusieurs cantons ont pris des mesures.

L’accroissement du nombre des demandeurs d’asile en 2011 a été de 45%, soit 22.551 personnes, majoritairement en provenance d’Afrique du Nord. Les cantons ont réagi en mettant en place des forces de police spéciales. Dans le canton de Genève, par exemple, une brigade anticriminelle a été crée parce que les vols ont augmenté d’un tiers.

S’ajoute un problème de criminalité transfrontalière. Les criminels sont principalement des Français d’origine nord-africaine. Ces gangs sont organisés de manière informelle, agissent toujours avec agressivité et sans aucun discernement. Ils utilisent des fusils d’assaut, des mitraillettes et des bazookas [ndlr : "Panzerfäuste" dans le texte allemand d'origine.].

«Les criminels transfrontaliers sont principalement des Français d’origine nord-africaine. qui utilisent des fusils d’assaut, des mitraillettes et des bazookas.»

http://www.tagesschau.sf.tv/Nachrichten/Archiv/2012/05/27/Schweiz/Polizei-Sondereinheiten-gegen-kriminelle-Auslaender?WT.zugang=ts_na4
http://gatesofvienna.blogspot.ca/2012/05/among-criminal-asylum-seekers.html

"A Marseille, on est encore loin des gangs américains"

Marseille est-elle une zone de non-droit? Peut-on parler de guerre des gangs? Thierry Colombié, auteur de la French connection, a répondu aux questions des internautes sur les règlements de comptes en série dans la cité phocéenne.

Maths: Est-ce qu’on peut vraiment dire que le nombre de règlements de comptes à Marseille augmentent depuis quelques mois/années?
Thierry Colombié: Non. Depuis une dizaine d’années, Marseille compte une moyenne de 25 règlements de compte liés à des faits de banditisme. Depuis le début de l’année, 14 règlements de compte mortels ont été dénombrés. Il y a un effet loupe à la fois liés par les élections, donc aux thèmes liés à la sécurité, et à la spirale de ces derniers mois. Ce qui est nouveau, c’est l’utilisation d’armes de guerre et en filigrane une recomposition locale et internationale des trafics de drogue.

Sûreté La Poste: Pourquoi les forces de police sont-elles impuissantes devant cette guerre des gangs? Je pense que le probleme vient du recrutement des policiers, beaucoup moins motivé qu’avant, sans compter la corruption de plus en plus flagrante. Est-il possible de créer une force spécialisée dans les problèmes des quartiers?

On ne peut pas affirmer que les forces de l’ordre sont impuissantes, bien au contraire. Si c’était le cas, Marseille ressemblerait à un champ de bataille permanent, à une guerre ouverte entre bandits et policiers, comme c’est le cas à Mexico ou à Rio. Le problème ne provient ni du recrutement de la motivation des policiers (et gendarmes) mais essentiellement d’une méconnaissance du "terrain" liée en partie au manque crucial d’analyse "criminelle". Prévenir les crimes, c’est anticiper les changements, les fractures au sein du Milieu et des trafics historiques que rien ne vient endiguer, pas même les discours autoritaires.

Thierry Colombié: "Il ne faut surtout pas jeter la pierre aux policiers car ils restent les garants de la paix sur la place publique."
Thierry Colombié
Créer une force spécialisée? La BAC et la PJ travaillent sérieusement sur le sujet mais il y a surtout un problème de moyens qui peut rejoindre, à la marge, des faits de corruption. Il existe aussi un problème avec les "indicateurs" qui ne sont plus aussi protégés qu’auparavant.

Geophile: Est-ce que les Marseillais sont inquiets? Y a-t-il une psychose à Marseille? Ou est-ce que ces règlements de comptes sont tellement ciblés que les citoyens lambdas ne craignent rien ?

Il faudrait poser la question aux Marseillais mais, selon mes sources, l’essentiel des Marseillais (et de la région) ne sont pas du tout choqués par la série de règlements de comptes. Certains regardent même cela comme des épisodes de Plus Belle la vie… Car, oui, malgré le peu de professionnalisme des "tueurs à la Kalach", qui "font du sale" (comme ils disent), sans penser aux conséquences pour les témoins ou eux-mêmes, les citoyens ne doivent pas avoir peur. Il ne faut pas oublier que Marseille est le berceau du grand banditisme et que le bruit des armes résonne dans la ville depuis le début du XXe siècle.

Dukokililapresse : Et que fait la police ?

La police tente, pour l’instant, de veiller à la sécurité des citoyens tout en essayant de comprendre comment des "jeunes", ici une nouvelle génération de trafiquants, s’inscrit dans une série de règlements de compte. Il ne faut surtout pas jeter la pierre aux policiers car ils restent les garants de la paix sur la place publique. Tôt ou tard, magistrats et policiers connaîtront les tenants et les aboutissants car un tel climat nuit aux affaires qu’elles soient légales ou illégales. Il y a toujours eu à Marseille des "chiens fous", prêts à prendre la place des grands bandits en place, mais peu y sont arrivés.
Ken: Est-ce que Marseille est la ville la plus dangereuse de France? Peut-on comparer la situation de Marseille à celle de la Corse?
Marseille n’est pas une ville dangereuse mais le théâtre d’une lutte sans merci entre plusieurs clans, comme c’est souvent le cas. Même si effectivement elle est l’une des plus touchées par les crimes de sang. On peut la comparer effectivement à la Corse, un département qui partage une longue tradition de (grand) banditisme. La comparaison s’arrête là: en Corse, l’actualité renvoie à une guerre de clans dont les intérêts dépassent les frontières et qui sont au coeur d’une économie trafiquante des plus florissantes. Enfin, il ne faut pas oublier que Paris, et sa région, est aussi le théâtre de règlements de comptes, certes plus diffus, mais tout aussi significatifs des changements de "ligne" en matière de stupéfiants.

A Marseille, le Milieu est un acteur social et politique d’envergure

Pierrot: Qu’est-ce qui différencie Marseille et les autres grandes villes comme Paris ou Lyon au niveau de la criminalité?
La "criminalité" est un vaste ensemble un peu fourre-tout… disons que Marseille est un port, la porte vers la Méditerranée, un maillon essentiel pour la circulation de marchandises licites ou pas. C’est donc un "hub" (plateforme de réseaux) qui inonde l’ensemble du pays et ce depuis le début du XXe siècle. Il ne faut pas oublier par ailleurs que lors des émeutes, les quartiers dits "difficiles" n’ont pas bougé, que ce sont même des "envoyés spéciaux", un rien mercenaires, qui ont voulu y mettre le feu. A l’époque, le Milieu les a renvoyé à leurs chères études… La grande différence est d’ordre politique: à Marseille, qu’on le veuille ou non, le Milieu peut à tout moment éteindre un "incendie", ce qui n’est plus le cas de Lyon, ce qui n’a jamais été le cas à Paris. Le Milieu est un acteur social et politique d’envergure.

Shg: Peut-on parler de guerre des gangs à Marseille ?

Il y a toujours eu des guerres à Marseille: cliniques, boîtes de nuit, machines à sous, stupéfiants… Un gang se définit principalement par l’utilisation d’une violence systématique à des fins de contrôle de territoire, etc. Est-on en présence d’une telle violence? Si la question mérite d’être posée, il faudrait qu’elle soit rigoureusement étudiée… Ce qui n’est pas le cas. A mon humble avis, nous sommes encore loin des "gangs" américains (du sud comme du nord) qui se substituent aux forces de l’ordre sur un territoire donnée, fort heureusement. Encore une fois, il faut faire attention à l’effet loupe et à la façon dont les médias, via la surenchère de la "guerre" à l’information, s’inscrit dans cette série de règlements de compte…

François: Marseille est-elle devenue une ville de non droit ?

Marseille, je le répète, est loin d’être une ville de non-droit. Il faudrait pour cela que l’on soit en présence d’une guerre civile ou d’un système mafieux où des "milices" se substitueraient aux forces de l’ordre! Marseille, ce n’est ni Palerme, ni Milan. En France, l’Etat est encore assez puissant pour assurer ses missions régaliennes.

French: Ces règlements de comptes sont-ils l’oeuvre de gens du milieux ou de caïds des cités ou des deux ?

Il faut distinguer deux cas de figure: d’un côté, les assassinats liés au grand banditisme, disons traditionnel; de l’autre, une spirale marquée par l’amateurisme de moyens utlisés pour "tuer", et probablement des incidents déclencheurs qui sont liés à des faits de carottage (vol de drogue) ou d’indicateurs.

Il faut néanmoins souligner que les "jeunes", ayant grandi sous les jupes des grands frères, ont le désir de vouloir se passer de quelques intermédiaires, des hommes du Milieu, pour contrôler les filières locales, lesquelles dépassent les frontières de la ville, si ce n’est de la France. C’est le cas surtout à Paris et sa région. A Marseille, tout est sous contrôle: la preuve, c’est que les rares hommes du Milieu tués ces derniers mois sont des victimes collatérales de la guerre qui sévit entre des clans corses, et non celles des quartiers. Reste une barrière "ethnique" que des jeunes Français, d’origine nord-africaine surtout, ne sont pas prêts à franchir pour rejoindre la Dream Team du Milieu marseillais…

Thierry Colombié est docteur es sciences économiques à l’EHESS. Il est spécialiste de la délinquance économique et financière et du grand banditisme en France. Il est également l’auteur de La French Connection, Les entreprises criminelles en France (Editions Non Lieu).

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/a-marseille-on-est-encore-loin-des-gangs-americains_1120017.html

EXCLUSIF. Nomination : un proche de l’Élysée à la préfecture de police de Paris

L’actuel préfet de police de Paris Michel Gaudin est débarqué au profit de Bernard Boucault, proche du secrétaire général de l’Élysée, Pierre-René Lemas.

Michel Gaudin, actuel préfet de police de Paris et proche de l’ancien président de la République, va être débarqué demain de son poste à l’issue du conseil des ministres. Il va être remplacé par le préfet Bernard Boucault.

Né le 17 juin 1948 à Blois en Loir-et-Cher, le nouveau préfet de police est un proche de l’actuel secrétaire général de l’Élysée Pierre-René Lemas. Âgé de 63 ans, Bernard Boucault, directeur de l’Ena, a le profil idéal pour occuper ce poste sensible. Il a travaillé depuis 30 ans dans de nombreux cabinets de gauche, notamment aux côtés de Jacques Delors, Pierre Joxe et Daniel Vaillant. Préfet de Midi-Pyrénées quand Jospin était Premier ministre, puis préfet des Pays de la Loire, ce qui en fait un proche de Jean-Marc Ayrault, Bernard Boucault avait été mis sur la touche après 2007 par Nicolas Sarkozy. Quant à Michel Gaudin, il a droit un lot de consolation : il sera nommé au Conseil d’État.

http://www.lepoint.fr/politique/exclusif-nomination-un-proche-de-l-elysee-a-la-prefecture-de-police-de-paris-29-05-2012-1466198_20.php

"Le Havre : la stupéfiante relaxe d’un trafiquant de drogue"

Les juges ont estimé que les policiers n’avaient pas le droit de contrôler un dealer de Lillebonne.

«Le tribunal prononce votre relaxe », formule la présidente du tribunal correctionnel du Havre, après avoir rigoureusement justifié cette décision. Quelques minutes auparavant, le Lillebonnais de 23 ans, debout dans le box, confirmait s’être livré à un trafic de résine cannabis suffisamment important pour lui fournir de confortables revenus. (…)

Le 12 avril dernier, à 20 h 25, « il accélère le pas à notre vue », décrit le rapport des policiers. Ces derniers décident alors de le contrôler tout comme les autres occupants de la voiture dans laquelle il vient de monter. À cet instant, l’intéressé prend la fuite à pied avant d’être rattrapé quelques mètres plus loin. « J’ai pris peur de me faire interpeller parce que j’avais des produits stupéfiants sur moi. », reconnaît le prévenu. Mais ce n’est pas tout : aux 296 grammes de résine de cannabis dissimulés dans son caleçon, s’ajoutent 1 065 euros en petites coupures. Interrogé par les policiers, le suspect cache également son identité. Mais ses empreintes digitales parlent à sa place. S’ensuit une perquisition au domicile familial où 7,65 kg et 10 595 euros en liquide sont découverts.

Le gradé à vue, dépourvu de revenus légaux, affirme dans sa dernière audition que les billets ont pour source unique un trafic pratiqué depuis 18 mois. (…)

Mais l’expérience de la prison s’arrête ici pour l’homme condamné à deux reprises par le passé pour des délits routiers. Car « quand une procédure est nulle, je la soulève », lance Me Patrick Ben Bouali. Pour l’expérimenté avocat, un contrôle simplement motivé par un pas accéléré « touche au respect des libertés individuelles. Ce serait scandaleux de légitimer cela ».

Auparavant, le parquet avait requis 4 ans de détention dont 3 ans ferme. Le dealer est donc libre, provoquant la colère du parquet, qui a immédiatement décidé de faire appel.

http://www.paris-normandie.fr/article/lillebonne/lillebonne-la-stupefiante-relaxe-dun-trafiquant-de-drogue

Prisons : 5 premiers détenus renvoyés au Maroc

Ce lundi, cinq prisonniers marocains détenus en Belgique ont été renvoyés dans leur pays où ils termineront leur peine, a fait savoir la ministre de la Justice Annemie Turtelboom dans un communiqué. Ces transfèrements forcés sont en théorie possible depuis 2007 mais ces cinq détenus sont en réalité les premiers à en faire les frais.

29 Mai 2012 07h06

Ce transfèrement de prisonniers marocains est donc une primeur pour la Belgique. La ministre Turtelboom s’est dite satisfaite de la mesure et a remercié son homologue marocain, l’Office des étrangers, la police fédérale et la direction générale des établissements pénitentiaires. La Belgique a signé en 1997 un protocole avec le Maroc rendant possible le retour de prisonniers marocains. Les détenus donnant leur accord à une telle mesure étant peu nombreux, la ministre en charge de la Justice en 2007, Laurette Onkelinx, avait conclu un protocole annexe rendant possible le retour forcé.

Un premier avion est donc parti lundi matin à destination de Rabat avec à son bord cinq détenus. Il s’agit de prisonniers âgés de 24 à 39 ans incarcérés pour des faits de drogue, séjour illégal, coups et blessures, faux en écriture, détention d’armes, viols, séquestration et torture. Ils totalisent à eux cinq, des peines de 36 ans et 6 mois de prison. "Il s’agit de criminalité grave. Ces hommes ont épuisé leurs possibilités d’appels de leur condamnations et ils n’ont aucun lien avec notre pays", a commenté la ministre.

La Belgique avait transmis dix dossiers aux autorités marocaines mais ces dernières n’ont marqué leur accord que pour le retour de six détenus.

http://www.rtl.be/info/belgique/societe/881356/prisons-5-premiers-detenus-renvoyes-au-maroc

Un Saoudien condamné à mort pour meurtre décapité au sabre

Un Saoudien, condamné à mort pour le meurtre de l’un de ses concitoyens, a été décapité au sabre mardi dans la région de Taëf, dans l’ouest de l’Arabie saoudite, a annoncé le ministère de l’Intérieur. Majed al-Hosni a été reconnu coupable d’avoir tué par balle Abdel Mohsen Bacha lors d’une dispute, a précisé le ministère dans un communiqué reproduit par l’agence officielle Spa.

Cette décapitation porte à 29 le nombre de personnes exécutées depuis le début de l’année en Arabie saoudite. En 2011, au moins 76 condamnés à mort avaient été exécutés en Arabie saoudite, selon un décompte de l’AFP, tandis qu’Amnesty International estime que le pays a procédé à au moins 79 exécutions pendant cette période.

Le viol, le meurtre, l’apostasie, le vol à main armée et le trafic de drogue sont passibles de la peine capitale en Arabie saoudite, qui applique de manière stricte la charia (loi islamique).

http://lci.tf1.fr/filnews/monde/un-saoudien-condamne-a-mort-pour-meurtre-decapite-au-sabre-7320647.html

Marseille : encore un corps retrouvé dans un véhicule carbonisé

C’est la nouvelle victime d’une liste qui ne cesse de s’allonger. Le corps d’un homme a été retrouvé carbonisé dans une voiture brûlée lundi soir près d’une cité des quartiers nord de Marseille. La découverte a été faite par les marins-pompiers de la ville qui intervenaient pour l’incendie d’une Clio à proximité de la cité Jean Jaurès dans le 14e arrondissement.

A l’intérieur du véhicule se trouvait un corps encore non identifié mais qui pourrait être celui du propriétaire, un trentenaire connu de la justice pour vol et recel. D’après les premières constatations, la voiture ne présentait pas de traces d’impacts de balles. Une autopsie doit être pratiquée pour déterminer la cause exacte du décès et notamment si l’homme a été abattu avant l’incendie de son véhicule.

Le parquet de Marseille s’est rendu sur place lundi soir ainsi que le préfet de police Alain Gardère. Les investigations ont été confiées à la brigade criminelle de la police judiciaire, déjà en charge de plusieurs dossiers de règlements de comptes.

Une douzaine de morts violentes sont survenues à Marseille et alentour depuis le début de l’année, dont des décès par balles suivis de l’incendie du ou des corps des victimes dans un véhicule. Cette technique, déjà employée dans le passé par les malfrats pour éliminer toute trace permettant de remonter jusqu’à eux, a fait sa réapparition depuis la fin 2011 dans la région.

http://www.leparisien.fr/marseille-13000/marseille-encore-un-corps-retrouve-dans-un-vehicule-carbonise-29-05-2012-2022206.php

Accusés d’avoir fait exciser leurs quatre filles

Un couple d’origine guinéenne comparaît à partir d’aujourd’hui devant la cour d’assises de la Nièvre pour l’excision de ses quatre filles alors qu’elles étaient mineures. Cette pratique, coutumière dans une trentaine de pays d’Afrique, est interdite en France. Les parents sont poursuivis pour « complicité de violence volontaire ayant entraîné une mutilation sur une mineure de moins de 15 ans par ascendant.
» Le père, ancien marabout de 54 ans, et la mère, femme au foyer de 44 ans, encourent quinze ans de réclusion criminelle.

En septembre 2005, leur fille aînée, 14 ans, est hospitalisée pour une appendicite. Le personnel de l’hôpital de Nevers s’aperçoit qu’elle a été excisée et signale le cas aux autorités. Après examens médicaux, il apparaît alors que seules les deux aînées ont subi la mutilation. Une information judiciaire est ouverte. Entendu, le père déclare d’abord ne pas savoir qui a excisé ses filles, avant de mentionner une femme qui aurait opéré au domicile familial en son absence et celle de son épouse, sans son accord. Il ajoute qu’il ignorait l’interdiction de cette pratique en France.

En 2009, la plus jeune des filles, alors âgée de 7 ans, est admise à l’hôpital pour d’importants saignements vaginaux. Les médecins constatent que la fillette a été victime d’une « tentative d’excision » et que la quatrième sœur a également subi la mutilation. Les cadettes ne révèlent rien de ce qui s’est passé, comme leurs sœurs quatre ans plus tôt. L’expertise psychologique des plus jeunes conclut à « une soumission totale à l’autorité familiale, l’excision étant un sujet tabou dans la famille ».

100 à 140 millions de cas dans le monde

« Plutôt que de contester les faits, il s’agit d’expliquer le pourquoi et le contexte culturel », a indiqué Me Guillaume Valat, l’avocat des parents. Pour Me Linda Weil-Curiel, avocate de la Commission pour l’abolition des mutilations sexuelles (Cams) qui s’est constituée partie civile dans ce dossier, « cette affaire est une première dans la mesure où les parents ont été avertis en 2005 avant de recommencer ».

D’après une estimation de l’Institut national des études démographiques (Ined) d’octobre 2007, 53000 femmes adultes excisées vivaient dans l’Hexagone en 2004. Il s’agissait de migrantes ou de femmes nées en France de parents originaires d’Afrique. Selon la même étude, de 100 à 140 millions de filles et femmes seraient excisées dans le monde, notamment en Afrique, dans des proportions très variables, de 1,4% au Cameroun à 96% en Guinée, au début des années 2000.

Le Parisien

http://www.leparisien.fr/faits-divers/accuses-d-avoir-fait-exciser-leurs-quatre-filles-29-05-2012-2022184.php

Marseille, victime du «néobanditisme»

INTERVIEW – Les règlements de comptes se multiplient dans la Cité phocéenne. Le procureur de la République Jacques Dallest décrypte la situation.

Fauchées par des rafales de kalachnikov, retrouvées calcinées ou criblées de projectiles de gros calibre dans leur voiture… Depuis le début de l’année, treize personnes ont trouvé la mort dans une série de règlements de comptes souvent intervenus sur fond de trafic de stupéfiants. La Cité phocéenne s’enlise dans la violence. Jacques Dallest, procureur de la République, décrypte la montée en puissance des nouveaux caïds qui ensanglantent la ville.

LE FIGARO. – Les règlements de comptes qui endeuillent Marseille n’en font-ils pas une ville à part?

Jacques DALLEST. – Marseille n’est pas la ville la plus criminelle du monde, mais elle figure parmi les cinq plus touchées en France. C’est l’une des plus pauvres, avec un taux de chômage élevé et un brassage de communautés très variées. Sans banlieue mais intégrant des quartiers sensibles, elle s’étend sur 24 000 hectares, soit l’équivalent de Paris et Lyon réunis. C’est un handicap pour la police qui doit être présente partout et intervenir vite. À cela, il convient d’ajouter une vieille tradition de violence et de banditisme. En 1870, il y avait déjà trois fois plus de crimes et délits dans la Cité phocéenne qu’au niveau national. Et les années 1970-1980 ont aussi été marquées par une violence extrêmement dure, marquée par la French Connection, l’assassinat du juge Michel, la tuerie d’Auriol ou encore celle du bar du Téléphone, qui s’était soldée par une dizaine de morts. Sans parler de la lutte entre le clan Zampa et celui de Francis le Belge. Autant dire que les règlements de comptes ne datent pas d’hier…

Comment expliquer les dernières dérives du banditisme?

Par l’émergence d’un «néobanditisme», monté en puissance ces trois dernières années dans les cités. Les protagonistes, jeunes et équipés d’armes lourdes, s’entretuent facilement pour des affaires liées aux trafics de drogue mais pas seulement. Des gens meurent aussi pour des questions d’honneur, de rivalité, de bagarre, de haine. Cette atomisation de la délinquance rend notre lutte plus compliquée que si nous étions face à une guerre entre deux bandes bien repérées. Marseille est morcelée par des clans, des groupes qui veulent dominer une cité, un immeuble, voire une montée d’escalier où prospère un trafic. Ces trafics dégagent jusqu’à 10 000 euros de profit par jour. Cela suscite de forts appétits et une floraison de PME criminelles employant guetteurs, fournisseurs surnommés les «charbonneurs», les «nourrices» qui dissimulent drogue et armes. Comme beaucoup d’argent est en jeu, l’offre de services est importante, surtout en période de crise économique. Cette division du travail permet aux trafiquants de mieux se fondre dans le décor, d’éviter la police…

Justement, que font les forces de l’ordre pour éradiquer ces fléaux?

Depuis des années, la police laboure le terrain en profondeur avec ses groupes spécialisés dans les trafics de drogue et d’armes. Tout un travail de renseignement est mené par la Sécurité publique avec les brigades anticriminalité (BAC) et par la PJ qui fait de l’infiltration en se postant dans des appartements inoccupés. Mais leur mission est compliquée car les gangs placent des guetteurs même la nuit, pour repérer les intrus. Cela ne nous empêche pas d’intercepter tous les jours de la drogue, des armes et d’arrêter des dealers à Marseille. L’année dernière, plus de 6500 personnes ont été déférées au parquet, dont près d’un millier impliqué pour trafics de stupéfiants. La machine judiciaire tourne à plein régime.

Mais les règlements de comptes ne sont pas toujours résolus…

Oui, c’est compliqué car les assassins préméditent bien leur geste, agissant encagoulés et gantés, sans témoin ni indices, et en se débarrassant des armes. Ils n’hésitent pas à incendier les véhicules utilisés et vont même jusqu’à brûler les cadavres de leurs victimes. Retrouver leur trace dans ces conditions exige des semaines, voire des mois d’investigations techniques. À titre d’exemple, la fusillade du Clos-la-Rose, qui avait coûté la vie à un adolescent de 16 ans et blessé par balles un enfant de 11 ans en novembre 2010, n’a été élucidée que fin 2011. À Marseille, nous arrivons à un taux d’élucidation de 55 %. Nous lançons des appels à la population pour qu’elle nous aide mais les gens craignent les révélations sur procès-verbal, même quand l’anonymat est garanti. On ne leur demande pas d’être des héros, juste d’avoir un sens civique. À l’été 2009, des témoins sous X nous ont ainsi permis d’élucider un double meurtre dans les quartiers sud.

Croyez-vous à un possible retour d’un «juge de paix», figure du milieu susceptible de calmer le jeu?

Non, c’est terminé. Je vois mal un clan dominer soudain toutes les cités de la ville, qui offrent chacune des perspectives d’enrichissement à des tas de voyous locaux susceptibles de monter leur propre business s’ils disposent d’un peu d’intelligence et de quelques contacts en Espagne. Ils ne vont pas demander l’autorisation à un soi-disant «parrain» qui, d’ailleurs, ne s’y intéresserait pas. Par ailleurs, les disparitions brutales en 2011 de Roland Gaben, «parrain» du Panier, ou encore de Souhel Hanna-Elias, alias «Joël le Turc», démontrent qu’il n’y a plus de figure dominante. Quelques figures de la grande criminalité existent toujours et peuvent être actives. Certaines exercent encore une forme de «magistrature» morale dans l’univers de la délinquance. Le recours au meurtre et à la violence reste le marqueur de ce grand banditisme. Mais celui-ci est désormais davantage versé dans la délinquance astucieuse, comme l’escroquerie au droit carbone, la cybercriminalité et le racket de boîtes de nuit. Des pratiques moins exposées, qui rapportent plus que le braquage ou la prostitution. L’ombre du grand banditisme n’apparaît plus dans les «plans» des cités.

«Un banditisme local et étriqué»
Trois questions à Jean-Claude Kella*, impliqué dans la french connection, trafic de drogue entre la France et les États-Unis.

Comment analyser la bouffée de violence qui s’empare de Marseille?

Ce n’est qu’un début et la situation ne va faire qu’empirer pour plusieurs raisons. D’abord, la faim: cette violence augmente en même temps que le chômage frappe les quartiers pauvres. Les gens qui n’ont plus de boulot se précipitent sur tout ce qui rapporte de l’argent. Ensuite, par rapport à notre époque où les armes restaient difficiles à trouver, n’importe qui ou presque peut aujourd’hui trouver une kalachnikov. Enfin, les voyous actuels n’ont plus la même expérience, la même envergure, le même sang-froid… Ils savent à peine se servir de leur artillerie, à la différence des anciens qui avaient appris leurs gammes pendant la Seconde Guerre mondiale ou de la guerre d’Algérie…

Peut-on, selon vous, parler d’une relève du grand banditisme?

Pas du tout. On assiste avant tout à une libéralisation et à une ouverture des marchés illicites, en particulier celui des stups, qui a longtemps été réservé à un cercle fermé. Pour se lancer dans le business, il fallait être connu, faire ses preuves, se faire parrainer. Maintenant, le premier venu peut rentrer dans le circuit sans même comprendre les risques qu’il prend. Le bilan des règlements de comptes qui se multiplient à Marseille parle de lui-même. C’est contre-productif pour les affaires et les policiers eux-mêmes doivent regretter l’absence d’un équilibre des forces, d’une soupape de décompression qu’imposerait l’arrivée d’un nouveau juge de paix.

À vous en croire, les professionnels auraient cédé le pas aux amateurs. N’est-ce pas exagéré?

Non. Dans la plupart des cas, et d’après ce que je lis, on voit des gamins qui ont perdu tout sens de la réalité, en regardant trop les séries télé. Des films cultes de braqueurs comme Heat leur sont montés à la tête. Ils se croient dans des jeux vidéo et banalisent la mort en voyant sur Internet des histoires de types décapités. En fait, ces jeunes dépourvus de tout respect ont un sentiment de puissance et n’hésitent plus à flinguer pour un billet de 500 euros. Avant, les voyous ne tiraient qu’en dernière extrémité, pour des motifs sérieux. Et quand l’un d’eux se mettait en cavale, il disposait de relais pour se faire oublier en Bolivie ou en Argentine le temps qu’il fallait. Maintenant, les gars n’ont pour horizon que les frontières de leur cité. Ils animent, à quelques exceptions près, un banditisme local et étriqué.

* Auteur de «Hold-up». Éditions Don Quichotte.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/05/28/01016-20120528ARTFIG00474-marseille-victime-du-neobanditisme.php#!

Carcassonne : jets de cailloux en pleine messe

La communauté catholique de Carcassonne a été la cible de violences. Samedi soir, dans l’église Saint-Joseph située dans un quartier sensible, quatre jeunes de 14 à 18 ans ont fait irruption en plein office pour lancer des cailloux sur les fidèles. Ceux-ci, âgés pour la plupart, n’ont pas été blessés mais fortement perturbés.

Des faits qualifiés de « stupides, agaçants, mais peu graves » par l’évêché, qui réfute le terme de « caillassage » et souhaite « éviter toute récupération ou amalgame » lié à l’origine ethnique apparente des trublions. Le FN de l’Aude met en cause, lui, des « Maghrébins » dans un « acte de haine envers les catholiques du quartier ».

Le Parisien

http://www.leparisien.fr/faits-divers/carcassonne-jets-de-cailloux-en-pleine-messe-29-05-2012-2022230.php

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