Jeudi soir à 19 heures, au quatrième jour de son procès, d’un coup, Jacques Prévosto a fait chavirer la cour d’assises de l’Hérault. La journée avait été intense, pour cet homme accusé d’un crime qu’il niait depuis trois ans, contre toute évidence. Car personne n’arrivait à croire que son épouse Marie-Paule, née Monteiro, fille d’une famille portugaise de Mazères-Lezons, ait pu se suicider ce dimanche 5 juillet 2009, à Saint-Pargoire, un petit village proche de Pézenas. En s’étranglant elle-même, après s’être bourrée de somnifères, pendant que ses deux jeunes enfants jouaient dans le jardin.
Et personne ne pouvait comprendre que ce policier ait ensuite décidé, pour dissimuler le geste de son épouse, d’incendier son corps avec sa voiture, en bordure d’autoroute.
"Tu l’as brûlée ! Et après, tu dis à tes enfants que tu n’as rien fait ? Depuis trois ans, ma mère va tous les jours sur la tombe de Marie-Paule. Elle lui parle, elle se couche dessus" lui crie alors Élisabeth la soeur jumelle de Marie-Paule, qui a recueilli à Gelos, les deux jeunes enfants du couple, après le crime.
Après une suspension d’audience, Jacques Prévosto, qui entretenait au moment des faits une liaison avec une collègue, fonctionnaire de police elle aussi, bascule.
"J’ai entendu Élisabeth et les larmes. Pour la mémoire de Marie-Paule. Pour le pardon de mes enfants. Comme de toute façon vous le savez. Je suis coupable. Je n’en dirai pas plus, c’est au-dessus de mes forces."
L’audience s’arrête, dans une salle bouleversée, où se pressent des policiers, venus en mémoire de Marie-Paule, brigadier au bureau de police de Lattes, près de Montpellier.
Hier matin, Jacques Prévosto refuse d’en dire plus. De raconter, comme le presse le président, "comment est morte Marie-Paule".
"Je ne veux plus être responsable d’autres souffrances. Je suis responsable de la mort de la seule femme que j’ai vraiment aimée. J’ai déjà été au-delà de ce que je pouvais."
Puis, prostré dans son box, il ne relève plus la tête de la journée. Ni pendant les plaidoiries des avocats de la famille Monteiro, qui insistent : "Ses aveux tardifs n’excusent pas son geste terrible." Ni lorsque l’avocat général réclame 25 ans de réclusion criminelle à son égard. Simplement, à la fin de l’audience, il reprend la parole : "Je demande pardon, en espérant que ce soit un jour accepté."
Après deux heures de délibéré, le verdict tombe à 19 heures : 25 ans de réclusion. Jacques Prévosto ne devrait pas faire appel.
La République des Pyrénées
(merci à "Clarisse Joly")
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