La confiance règne toujours, mais bien moins qu’avant. Depuis la fin des années 1990, les rapports entre les Français et leur police ont considérablement évolué. Ces fonctionnaires sont loin d’avoir carte blanche sur le terrain et dans l’opinion. Le retour au pouvoir d’une majorité socialiste est l’occasion d’évaluer ces changements survenus dans les relations entre la police nationale et la population.
Depuis 1997, neuf ministres sont passés Place Beauvau. Mais c’est surtout durant cette période que le phénomène des violences urbaines est monté en puissance, que les atteintes aux biens se sont amplifiées, que des affaires impliquant des policiers ont été médiatisées, que la politique du chiffre a été engagée par Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur puis président de la République, que les contrôles d’identité, de vitesse et d’alcoolémie se sont multipliés dans la rue, que la jeunesse s’est braquée, que les lois répressives se sont empilées… De quoi changer la donne.
1. Entre confiance et inquiétude
Spontanément – ou, plus exactement, spontanément dans une liste de quatre sentiments que sont la confiance, l’inquiétude, la sympathie et l’hostilité -, 44 % des personnes sondées éprouvent de la confiance pour la police. C’est une perte de 9 points par rapport à 1999, mais cela reste la première impression.
Dans le même temps, le sentiment de sympathie baisse également (20 % ; – 2), tandis que grimpe l’inquiétude (22 % ; + 8) lorsqu’on évoque la police. 6 % des Français se déclarent en outre hostiles aux policiers (la proportion est la même qu’en 1999).
Les femmes (47 %) et les personnes de plus de 65 ans (50 %) gardent une plus grande confiance dans les forces de l’ordre, alors que les jeunes de 18 à 24 ans, davantage ciblés par des contrôles, ressentent deux fois plus d’hostilité que la moyenne (12 %).
Malgré ces changements d’humeur, ce sont les sentiments positifs qui prennent le dessus, puisque le capital confiance et sympathie dont jouit la police atteint encore 64 % chez les Français (contre 75 % en 1999).
2. Le doute sur l’efficacité
Il est difficile d’estimer et de quantifier l’efficacité de la police. Pour juger de cette notion, chacun use de critères différents : taux d’élucidations, sentiment d’insécurité, baisse de la délinquance, temps passé pour les auditions… Force est de constater que l’opinion sur l’efficacité de la police s’est détériorée. En 1975, 63 % des Français estimaient la police efficace. Ils ne sont plus que 50 % aujourd’hui (49 % dans le Sud-Ouest).
Pourtant, avec l’appui de la police technique et scientifique et des autres moyens d’enquête, de plus en plus de dossiers trouvent un coupable. Ce n’est pas l’impression de tout le monde. Les jeunes sont ceux qui jugent le plus durement la police (seuls 38 % des moins de 35 ans la trouvent efficace, contre 65 % des 65 ans et plus). Au regard de la proximité politique, on observe sans surprise que les partisans de formations contestataires, comme le Front de gauche (36 %) ou le Front national (34 %), sont ceux qui doutent le plus de l’efficacité de la police, quand les sympathisants UMP (62 %) et PS (57 %) y croient le plus fort.
3. Moins honnête, moins serviable
La dégradation de l’image de la police depuis la fin des années 1990 se lit également au travers des traits de caractère qui lui sont associés. Pour 67 % des Français, le qualificatif « honnête » correspond plutôt bien à l’image qu’ils ont de la police nationale. Pour 65 %, c’est celui de « serviable » qui colle à la réalité. Mais quelles désillusions par rapport à 1999, où 75 % des Français trouvaient les policiers honnêtes et 76 % les estimaient serviables.
La suppression de la police de proximité semble avoir eu de lourdes conséquences sur la perception de la population, puisque à peine 34 % jugent les hommes en bleu « bien intégrés dans la vie de nos quartiers ». Soit un recul spectaculaire de 21 points par rapport à 1999, et l’image d’une police coupée des attentes de la population qui se dessine.
Les plus beaux compliments sur l’honnêteté viennent des plus de 65 ans (79 %), et les plus modérés des 18 à 24 ans (51 %). Dans le Sud-Ouest, 71 % des personnes pensent les policiers honnêtes. Pas de clivage politique sur la question. Partisans de l’UMP (77 %) ou du PS (72 %) ont juste un avis plus tranché sur la question que les sympathisants du Front de gauche (56 %) ou du Modem (58 %).
Cette année, 51 % de la population pense que la police est démotivée (contre 57 % en 1999), 39 % qu’elle abuse de ses pouvoirs (+ 1 %) et 28 % qu’elle est raciste. Dans le détail, pour ces deux derniers traits de caractère, 51 % des 18-24 ans affirment que la police abuse de ses pouvoirs. Ils sont 53 % à le croire parmi les sympathisants du Front de gauche, contre 34 % chez ceux de l’UMP, qui la défendent le mieux. 31 % des 25-34 ans conçoivent la police comme raciste, une opinion relayée politiquement par les sympathisants du Front de gauche (45 %) et d’Europe Écologie-Les Verts (43 %).
4. Sur la question sensible des bavures
Si l’image globale de la police a donc eu tendance à se dégrader ces dernières années, on constate en revanche, sur la question sensible des bavures, que ce n’est pas la responsabilité des forces de l’ordre qui est d’abord mise en accusation par l’opinion publique. 36 % des Français pensent encore (ils étaient 42 % en 1999) qu’il y a un déficit de formation des policiers.
Mais surtout, 61 % des personnes interrogées (+ 19 points par rapport à 1999) estiment que, « quand on voit comment se comportent certains jeunes, on comprend qu’il y ait des bavures ». Manque de respect, insultes, rébellion, guet-apens conduiraient à des dérapages.
Les avis divergent évidemment selon les âges. À cause de l’attitude de certains, les jeunes se retrouvent ici stigmatisés, notamment par les sympathisants de l’UMP (77 %) et du Front national (78 %), alors qu’ils montrent du doigt « les comportements anti-jeunes de certains policiers » pour expliquer les bavures. 29 % des 18-24 ans ont en effet recours à cet argument (38 % des amis du Front de gauche).
Car les positions plus critiques envers les policiers gagnent du terrain. À quelques jours du discours de politique générale qui sera prononcé par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ce sondage peut également être lu comme un indicateur des attentes de la population envers sa police.
Sud Ouest
http://www.sudouest.fr/2012/07/01/l-image-des-policie-rs-s-est-degradee-758594-710.php
(merci @ "Def Ledef")
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si la france va tres mal pour la police . est la population que long fait rien il faudra un autre gouvernement…
On avait pas besoin d’un sondage pour s’en rendre compte !
Le français se fout de tout , il n’est plus patriote , il n’a plus de respect envers les institutions , il est perpétuellement insatisfait …
De pus la presse et la télé ( voir le niveau des émissions et séries qui sont diffusés ) contibuent largement à cet état de fait . Et je n’ai pas parlé du niveau de notre équipe de foot .
Le général avait dit:
_ "Les français sont des veaux"
Moi je pense qu’on est tombés encore plus bas.