"Je ne savais même pas ce qu’était une arme. En quinze jours, j’ai déjà eu huit heures de cours de tir": comme 470 autres jeunes volontaires, Yasmine, suit à Saint-Astier (Dordogne) une formation pour devenir réserviste de la gendarmerie, avec l’objectif d’être sur le terrain au plus vite.
La jeune femme âgée de 23 ans, agent de sécurité à Bordeaux, s’enthousiasme lorsqu’elle évoque les multiples ateliers d’apprentissage – tir, secourisme, éthique, sécurité routière, topographie, transmission – organisés pendant deux semaines au Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG) implanté depuis 1969 en Dordogne.
Quelque 500 jeunes venus du Limousin, d’Aquitaine et de Midi-Pyrénées ont été sélectionnés parmi 800 candidats pour suivre ce stage destiné à "former des jeunes aux renforts de la gendarmerie en leur apprenant les fondamentaux du terrain", selon son responsable, le colonel André Hocq, lui-même réserviste.
Au total, 3.200 jeunes, étudiants ou jeunes actifs, âgés de 17 à 30 ans, sont formés chaque année à la réserve lors d’une vingtaine de stages similaires en France.
Etudiante en économie et gestion à Toulouse, Aurélie, 18 ans, explique avoir découvert ce stage lors de sa "journée défense et citoyenneté". Jocelyne, institutrice de 24 ans, en a entendu parler à la fac. D’autres ont été encouragés par un membre de leur famille, déjà dans la gendarmerie, certains ont voulu tester leur "motivation" avant de tenter l’école des sous-officiers.
"Tous sont volontaires", rappelle le colonel Hocq, qui ne déplore qu’une trentaine de défections au cours des premiers jours de formation.
Lever à 05H30, corvées de chambrée, entraînement physique, cours magistraux: les jeunes assument la discipline imposée et se revendiquent sans complexe des valeurs dispensées pendant le stage.
"Le réveil à 05H30, c’est le plus dur, mais on s’y fait!", raconte Aurélie. "Quant aux corvées, tout le monde est logé à la même enseigne, il n’y a pas de privilège", constate-t-elle. "On est tous habillé pareil, il n’y a pas de distinction", renchérit Yasmine, parfaitement à l’aise dans son treillis.
Représentant 40% des effectifs, les recrues féminines se félicitent aussi qu’aucune activité ne soit spécifiquement réservée aux garçons ou aux filles. Exercices d’interpellation, interception de véhicules, tirs au pistolet automatique, toutes s’entraînent exactement comme les garçons.
Conscients que leur engagement peut paraître à contre-courant des tendances d’une société prompte à prôner l’individualisme et la permissivité, ces jeunes soulignent "l’esprit de solidarité et de cohésion" développé pendant le stage.
"On découvre que seul on ne va pas loin, c’est ensemble qu’on progresse", résume Patrice Petiot, 28 ans, chef d’équipe sur des chantiers à Albi.
"Dire que la jeunesse n’est plus la même, c’est des bêtises! La jeunesse, elle est ce qu’on en fait", martèle de son côté le colonel Hocq, conscient que ces formations sont un bon vivier pour de futurs recrutements.
C’est avec beaucoup de sérieux que les apprentis gendarmes abordent l’examen de fin de stage qui leur permettra de rejoindre les 26.000 réservistes de la gendarmerie, en mission de 30 à 90 jours par an.
Si elle obtient le sésame, Jocelyne sait qu’elle sera envoyée dès le mois d’août sur les plages de Gironde pour renforcer les brigades mobilisées en période estivale. Quant à Grégory, 30 ans, responsable d’un magasin à Bayonne, il partira en mission sur la Côte basque pendant ses congés ou ses week-ends.
Car pour beaucoup, la réserve est aussi un bon moyen d’obtenir un travail d’appoint ou un job d’été rémunérateur: 50 euros nets par jour, nourri et logé, avec une certaine souplesse de calendrier.
"Cela me permettra de travailler sans négliger mes études", reconnaît Aurélie. Mais une fois sur le terrain, armée et en uniforme, rien ne distinguera l’étudiante de ses collègues titulaires.
Le Point
Classé dans : Uncategorized








Un gendarme un an de formation, un gendarme adjoint volontaire des mois de formation, un réserviste 15 jours de formation et on les envoie en patrouille avec un pistolet au ceinturon. Cherchez l’erreur. Il est évident qu’un drame comme celui de Collobrières n’a pas servi de leçon et qu’on privilégie la présence de bleu sur le terrain à la sécurité.
voila une activité intelligente et utile au service de tous !
Bien oui ! il faut montrer du bleu et tenir le terrain.
Peut être que cela permettra de pouvoir effectuer des patrouilles à trois personnels.