Alors là, c’est le pompon…

Le vent du boulet doit être tellement fort que tous tentent de récupérer une part du gâteau… Après des années de destruction systématique du rapport de confiance entre la base et sa hiérarchie, d’affirmation de la supériorité divine des Commissaires de Police sur la plèbe des ACMA par le truchement des officiers qu’ils méprisent tout autant, voilà que le tout puissant syndicat des Commissaires de Police se fend d’une longue lettre au gouvernement, en termes choisis, expliquant le malaise des policiers, malaise auquel ils ont pourtant largement contribué, en se gavant financièrement au passage faut-il le rappeler… Néanmoins, chassez le naturel il revient au galop, et certains des passages de ce courrier syndical sont très révélateur du mépris de ces élites pour leur base et leur mouvement. Je cite : ~ »Quel triste spectacle que des policiers ou prétendus tels, vociférant ou criant à la démission de l’un ou l’autre responsable politique ou administratif, en battant le pavé de la capitale, le visage dissimulé derrière une cagoule … »~ et qualifiant ces mouvement de « débordements »… Débordements ? Lors des regroupements de la semaine dernière, je discutais avec un commerçant qui nous encourageait chaudement et qui me disait : « Pour une fois que sur une manif on n’a pas à rentrer les chaises et tirer le rideau… » Certes, reprenant à son compte nombre de revendications exprimées, ce courrier pourrait -enfin ! – sembler être l’esquisse d’un appui de notre hiérarchie sommitale à sa base, mais ne nous y trompons pas : Le manque de moyens, la réponse pénale insuffisante, les taches indues, autant d’affirmations qui occultent la responsabilité d’un corps qui, en échange d’une manne financière, a accepté et encouragé le jeu pervers des statistiques et abandonné les encouragements au profit des sanctions… Et pour les insolents qui auraient encore à cœur de souligner et de regretter cette évolution, là encore pas de méa culpa, pas de proposition de dialogue plus poussé avec la base, faudrait pas exagérer, mais l’affirmation péremptoire que ces affirmations ne seraient faites que pour couvrir notre propre « incurie ». Je cite : ~ »La mise en avant de la hiérarchie policière comme bloc monolithique «source de tous les maux», où d’aucuns semblent avoir trouvé un exutoire facile à leur propre incurie, est à ce titre non seulement caricaturale mais gravement injuste. »

Alors ce courrier est peut-être le signe d’un frémissement d’une prise de conscience de notre haute hiérarchie, et il faut le souhaiter, mais dans l’attente de preuves concrètes, c’est surtout une façon désespérée de ne pas être éloigné du débat.

Bruno Tournabien