Les carnets de notes personnelles du juge Simon, qui a instruit l’affaire Grégory de 1987 à 1990, montrent combien ce dossier envahissait entièrement ceux qui y travaillaient.Le suicide du juge Jean-Michel Lambert, mardi dernier, prouve de la plus tragique des manières que l’affaire Grégory brûle les ailes de tous ceux qui s’en approchent de près. Elle obsède et laisse une trace indélébile. La lecture des carnets du juge Maurice Simon en offre une autre preuve. Dans ce document inédit, livré à la justice l’an dernier, on découvre à quel point l’enquête sur la mort de ce garçonnet de 4 ans, retrouvé pieds et poings liés dans les eaux de la Vologne (Vosges) le 16 octobre 1984, a totalement envahi l’esprit de ce magistrat qui a laissé une image de sérieux et de droiture, là où son jeune prédecesseur avait donné une impression plus chaotique.

 A la lecture de ces notes privées qui n’avaient pas vocation à être divulguées, on découvre un homme investi corps et âme dans ce gouffre judiciaire. Professionnellement mais aussi personnellement. Jusqu’à effacer les barrières entre les deux univers. Au printemps 1987, le juge Simon, alors président de la chambre d’accusation de la cour d’appel de Dijon (Côte-d’Or), est chargé de reprendre le dossier à zéro. La cour de cassation vient d’annuler l’arrêt qui avait renvoyé Christine Villemin, la mère de Grégory, devant la cour d’assises. « J’ai en face de moi l’une des plus grandes énigmes de notre époque et qui entrera dans l’histoire judiciaire. A moi de la dénouer », écrit-il à l’été 1987, dramatisant d’emblée l’enjeu de la lourde tâche qui vient de lui incomber. On lui demande de réussir là où Jean-Michel Lambert a failli……Cliquez ici pour lire la suite

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